Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Un entrepreneur accusé au criminel lui dame le pion

durée 17h36
12 novembre 2014
ici

commentaires

ici

likes

imprimante
Eric Mondou
email
Par Eric Mondou, Journaliste

Un entrepreneur en construction des Laurentides déplore que les entreprises dont les dirigeants sont accusés au criminel puissent encore arracher d’importants contrats publics.  

Michel Morin est président et cofondateur des Entreprises Miabec, spécialisée dans les travaux d’aqueduc, d'égouts sanitaire et pluvial.

Il y a deux semaines, lors de l’ouverture des soumissions d’un contrat d’infrastructures municipales à la Ville de Mirabel, sa compagnie a terminé deuxième plus bas soumissionnaire conforme, tout juste derrière Constructions CJRB.

Mirabel octroyait ainsi les travaux d’une valeur de 535 000 $ à cette entreprise de Terrebonne, dont un des actionnaires principaux, Christian Blanchet, a été arrêté par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) au printemps dernier.

Six chefs d’accusations pèsent aujourd’hui contre l’homme. On lui reproche, entre autres, d’avoir commis des actes de fraude et d’abus de confiance, notamment avec l’ex-maire de Mascouche, Richard Marcotte, ainsi que le directeur général de cette même ville.

Conscient que son homologue bénéficie de la présomption d'innocence, Michel Morin trouve regrettable que l’argent des contribuables soit accordé à des gens sur qui pèsent de telles accusations.

« Je comprend qu’il ne soit pas condamné, mais je trouve ça frustrant et fâchant. Ça fait des années que je travaille avec le vent dans la face », a indiqué l’entrepreneur de Sainte-Sophie.

Geste de vengeance?

Ce n’est pas la première fois que son entreprise et celle dirigée par Christian Blanchet se retrouvent au sein d’une même controverse.

Lors de la commission Charbonneau, le grand patron d’Excavations Panthère, André Durocher, était venu affirmer que les Entreprises Miabec avaient vu, en 2009 à Blainville, leur soumission être rejetée au profit de celle déposée par Constructions CJRB, et ce, même si elle était 3 M$ plus basse.

Michel Morin assure que cette sortie publique n’est pas une vengeance.

« Il y a eu une petite ouverture dans le public pour des petites entreprises comme la mienne au cours des dernières années. Je trouve juste dommage que nous soyons encore bloqués », a-t-il confié.

L’homme d’affaires trouve que les règles ne sont pas assez strictes et que les organismes publics devraient en faire davantage pour éviter ce genre de situations.

Aucun recours pour Mirabel

Du côté de la Ville de Mirabel, on affirme ne pouvoir rien y faire.

« La Ville pourrait être poursuivie si nous n’accordions pas le contrat au plus bas soumissionnaire conforme», a indiqué le maire Jean Bouchard.

Il soutient que la municipalité tient toujours compte du Registre des entreprises non admissibles aux contrats publics (RENA) lorsque vient le temps d’octroyer une soumission.

Mais le gouvernement pourrait agir

Pour sa part, le porte-parole du Secrétariat du Conseil du trésor, Jean Auclair, a précisé que Constructions CJRB pourrait être inscrite au RENA « si son dirigeant était déclaré coupable en vertu d’un jugement définitif ».

Cependant, indique Jean Auclair, l’UPAC et l’Autorité des marchés financiers (AMF), chargés de délivrer les autorisations de contracter avec des organismes publics, pourraient tenir compte de ces accusations lors de l'analyse d'une demande que cette entreprise déposerait. 

Or, pour réaliser des travaux dans une ville comme Mirabel, de telles autorisations sont obligatoires seulement pour les contrats dont la valeur est égale ou supérieure à 5 M$.  

Jean Auclair précise toutefois qu’en vertu de l’article 87 de la Loi sur l’intégrité en matière de contrats publics, le gouvernement pourrait exiger à cette entreprise de la demander pour des contrats publics en cours d’exécution qui sont sous le seuil de 5 M$.   


 

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié le 12 mars 2026

Les changements climatiques pourraient menacer les bourdons

Différents mécanismes biologiques permettent aux reines bourdons de survivre pendant plusieurs jours au printemps, quand le sol où elles ont passé l'hiver dégèle et se gorge d'eau en raison de la pluie, ont constaté des chercheurs de l'Université d'Ottawa. Les travaux de l'équipe du professeur Charles-Antoine Darveau ont ainsi démontré que les ...

Publié le 11 mars 2026

Consultation: la voix des aînés peu valorisée; l'âgisme fréquent

À peine 15 % des personnes de 55 ans et plus estiment que la société québécoise valorise la voix des aînés. Cette constatation ressort d'une consultation sur l'âgisme et l'indifférence, menée auprès de 2 688 personnes de 55 ans et plus, par Léger et l'organisme les Petits Frères. On y note aussi que seuls 29 % estiment que la société ...

Publié le 11 mars 2026

Le Collège Lionel-Groulx invite la population à sa collecte de sang

Le jeudi 20 mars, le Collège Lionel-Groulx tiendra une collecte de sang en collaboration avec son Club de secourisme et Héma-Québec. Les citoyens sont invités à venir faire un don. On rappelle que cela est un geste important et qui prend peu de temps : Une heure. Un don. Un impact réel. Ce petit geste peut faire toute la différence pour des ...