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L'intimidation secoue une équipe de hockey mineur des Laurentides

durée 12h00
8 janvier 2015
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Eric Mondou
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Par Eric Mondou, Journaliste
EXCLUSIVITÉ: Deux ans après avoir congédié un de ses entraîneurs pour une histoire de fête arrosée avec des mineurs, les Conquérants des Basses-Laurentides sont à nouveau plongés dans l’embarras alors qu’on reproche à un entraîneur d’avoir intimidé un joueur de 14 ans.  
 
Comme la plupart des joueurs qui évoluent au niveau Bantam AAA, Frédéric Fortin aspire à une carrière professionnelle dans le monde du hockey. 
 
L’adolescent rêve de suivre les traces de son oncle, l’ex-gardien de but étoile de la Ligue nationale de hockey, Jean-Sébastien Giguère, et celles de son frère, Alexandre, qui porte aujourd’hui les couleurs d’une formation de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.  
 
Or, le parcours de Frédéric s’est heurté à un dur obstacle. Disant être victime d’intimidation de la part de son entraîneur, le même qui était venu remplacer celui mis à la porte en décembre 2012, Frédéric a décidé, il y a un peu plus d’un mois, qu’il en avait assez. Le coeur gros, il a mis un terme à son aventure avec les Conquérants.
 
Menace et invectives 
 
Selon la version de Frédéric Fortin, M. Pelletier l’aurait d’abord menacé à la suite d’une pratique à l’aréna de Terrebonne alors qu’ils étaient seuls dans le vestiaire.
 
«Il m’a dit que si je ne jouais pas deux bonnes games durant la fin de semaine, il allait tout faire pour me mettre en-dehors de l’équipe. Et que si les Conquérants ne voulaient pas, il aurait au moins essayé», raconte le jeune homme de Blainville, le trémolo dans la voix. 
 
Quelques jours plus tard, lors d’une pratique punitive à laquelle participait toute l’équipe, Johnny Pelletier se serait acharné sur Frédéric, ne se gênant pas pour l’invectiver devant tous ses coéquipiers. 
 
Toujours selon la version du jeune hockeyeur, l’entraîneur, tout au long de l’automne, prenait un malin plaisir à le pointer du doigt lors des séances vidéo, une situation que le garçon ne pouvait plus endurer.  
 
Suspension de l’entraîneur 
 
Tanné d’être le bouc émissaire, il a décidé de se confier à ses parents. S’en suivie une déposition auprès des dirigeants des Conquérants. 
 
Jugeant la situation assez grave, l’organisation a décidé de suspendre sur-le-champ le pilote de l’équipe. 
 
Or, une semaine et demi plus tard, sans explication aux parents, l’entraîneur retrouvait son poste derrière le banc. C’est à ce moment que Frédéric s’est lui-même résolu à tout abandonner.  
 
«Enquête bâclée»
 
Furieuse, sa mère, Caroline Giguère, estime que son fils «a écopé pour avoir dénoncé une situation intolérable». 
 
Selon elle, les méthodes de l’entraîneur sont bien connues dans le milieu du hockey mineur des Laurentides. «Il intimide les jeunes. Et cela est inacceptable». 
 
Elle indique que son garçon n’est pas un cas problème. Et que même s’il en était un, c’est à l’entraîneur, «l’adulte», d’en discuter avec les parents. 
 
Elle et son conjoint, Daniel Fortin, en veulent également à l’organisation des Conquérants qui ont, selon eux, «complètement bâclé» l’enquête menée durant la suspension de M. Pelletier. 
 
En plus de menacer de dissoudre l’équipe, l’organisation «aurait tenu les parents des autres joueurs dans le néant le plus complet». 
 
Pas de preuve 
 
Joint par téléphone, Johnny Pelletier a dit ne pas vouloir commenter puisqu’une plainte de menace a été portée à l’endroit de son fils par les parents de Frédéric pour une toute autre histoire. 
 
Il a toutefois tenu à préciser qu’il existait «deux côtés à une médaille» et qu’il serait prêt à parler lorsque le processus avec son garçon serait terminé. 
 
Le gouverneur des Conquérants, Daniel Marcoux, a quant à lui expliqué qu’une enquête avait été tenue en bonne et due forme et que celle-ci «n’avait pas été en mesure de prouver, hors de tout doute raisonnable, que l’entraîneur avait intimidé le joueur». 
 
Il a ajouté que le dossier de M. Pelletier au sein des Conquérants était sans tâche et que l’organisation n’accepterait d’aucune façon qu’un entraîneur intimide un joueur. 
 
«La vieille école n’a plus sa place» 
 
Cette dernière vision est partagée par l’oncle de Frédéric, l’ex-joueur de la LNH Jean-Sébastien Giguère. Celui qui a gardé les buts durant plus de 20 ans au niveau professionnel déplore que l’intimidation puisse encore se trouver dans les vestiaires, et ce, quelque soit le niveau de compétition.
 
«L’entraîneur doit avoir le droit de discipliner les jeunes et de les remettre à l'ordre, surtout à l’âge de 14-15 ans. Mais il faut le faire avec respect. Il n’y aucune raison de manquer de respect. J’en ai eu des entraîneurs qui agissaient de la sorte, et ils ont toujours fini par perdre leur travail», a-t-il confié. 
 
L’ex-gagnant de la Coupe Stanley ajoute que la «vieille école» n’a tout simplement plus sa place dans le hockey d’aujourd’hui. 
 
«Tu ne peux plus pointer les gars du doigt. Tu peux les aider en leur disant qu’ils ont fait une erreur et leur dire comment la corriger. Cela est un enseignement et non pas une critique».

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