Qualifiées de « plus grande attaque de l’histoire faite aux enseignants», les propositions du gouvernement Couillard pour le renouvellement de la convention collective ont été rejetées en bloc par les professeurs des Basses-Laurentides, mercredi soir, à Saint-Eustache.
Quelque 1125 professeurs des écoles de la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles ont répondu présent à l’appel lancé par le Syndicat de l’enseignement des Basses-Laurentides (SEBL).
«Vous allez voir, la grande qualité de ces offres patronales, c’est qu’elles sont équitables. Tout le monde se fait ramasser égal», a lancé en lever de rideau d’assemblée, Martin Lauzon, vice-président des relations de travail à la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui était chargé de mettre la table à la présentation du dépôt patronal.
Augmentation salariale de 3 % en 5 ans, augmentation du nombre d’élèves par groupe, augmentation du nombre d’heures de travail par semaine, réduction des droits parentaux, les offres déposées par l’employeur à la table de négociations ont été accueillies froidement par les enseignants entassés dans deux salles pleines à craquer.
Pour la présidente du SEBL, Sylvie Turgeon, ces propositions sont rien de moins qu’un retour à l’époque des Filles de Caleb.
«C’est un retour au temps d’Émilie Bordeleau. Et je blague à peine. Ce qu’on nous offre au niveau de nos conditions de travail, c’est un retour de 25 ans en arrière», a indiqué celle qui est aussi enseignante de français à la Polyvalente Sainte-Thérèse.
Présent lors de cette assemblée générale, le président de la FAE, Sylvain Mallette, n’avait qu’un mot pour qualifier la «bête»: «odieuse».
Ce dernier a encouragé les membres à s’indigner et à revendiquer afin de protéger l'école publique. «Nous sommes les gardiens de l’école publique», a-t-il lancé sous les applaudissements.
Moyens de pression en vigueur dès février
Les membres du SEBL ont profité de cette assemblée générale pour adopter la première phase d’un plan d’action-mobilisation.
Celle-ci comprend des moyens de pression qui seront mis en branle dès février, et ce, jusqu’à ce que la convention collective vienne à échéance, le 31 mars prochain.
Pétitions, distributions d’affiches, actions locales et piquetage sont entre autres à prévoir.
«Nous allons débuter avec des moyens légers. Nous voulons signifier notre désaccord et notre désapprobation [...] Nous souhaitons conscientiser les gens. Les enseignants font d’énormes efforts pour faire réussir des élèves dans des conditions de plus en plus difficiles», a mentionné Sylvie Turgeon.
«Pas d’appui des dirigeants»
Les moyens de pression seront non seulement adressés au ministre de l’Éducation, mais également aux directions d’école et à la commission scolaire. La présidente du SEBL trouve «hypocrites» les positions des dirigeants et tient ceux-ci responsables des offres «méprisantes».
«Les demandes sont le fruit d’une vaste consultation auprès des gestionnaires d’écoles, de commissions scolaires et de différents partenaires. Leur appui, on ne l’a pas. Ce que veulent les directions d’écoles, c’est plus de pouvoir. Le pouvoir de nous faire faire ce qu’ils veulent, quand ils veulent».
Affilié à la FAE, le SEBL représente quelque 4200 enseignants de la CSSMI.