Annoncé en grande pompe avant la période des Fêtes, le projet de cabaret-théâtre au centre-ville de Sainte-Thérèse suscite la controverse.
Bien que l’administration municipale ait multiplié les sorties publiques afin de justifier sa volonté d’emprunter 2,94 M$, les arguments n’ont pas su convaincre tous les citoyens.
À commencer par l’ex-candidat à la mairie à la dernière élection, Christian Charron. Selon lui beaucoup trop de questions demeurent en suspens dans ce dossier.
«On nous dit que c’est un autofinancement. Mais pour quelqu’un qui s’y connaît, cela ne tient pas la route [..] Des chiffres ont été lancés pour montrer que ça balançait», indique-t-il.
M. Charron estime que la somme d’argent destinée à ce projet est trop importante pour les retombées que celui-ci pourrait générer. «Si on fait des investissements, il faut les faire à la bonne place».
Aucune augmentation de taxe, répète la municipalité
La position du conseiller municipal, Normand Toupin, est diamétralement opposée à celle de M. Charron. L’échevin a réitéré qu’il serait illogique de laisser passer une telle occasion, où «le fédéral, le privé, le culturel et le municipal contribuent au bénéfice de toute la région».
M. Toupin a tenu à clarifier la question d’une possible augmentation des taxes, qui serait imputable à l'achat du bâtiment de la rue Turgeon. Contrairement à ce que certains ont pu véhiculer, aucune taxe spéciale ne devra être versée par le citoyen. Ni en 2015, ni pour les années à venir.
«Le modèle d’affaire qui a été fait autour du cabaret-théâtre démontre clairement que nous allons pouvoir financer l’emprunt sans appeler aux taxes des citoyens», a-t-il expliqué.
Empêcher le projet d’avoir lieu
Déterminés à faire avorter le projet, M. Charron et d’autres opposants ont distribué au cours des derniers jours quelque 2000 pamphlets à travers la municipalité. Ceux-ci invitent les citoyens à aller signer le registre qui sera tenu lundi à l’hôtel de ville.
Pour obliger la municipalité à tenir un référendum avant d'aller de l’avant dans son règlement d’emprunt, 500 signatures sont nécessaires.
La grogne atteint les employés
Sans surprise, le projet passe difficilement aussi du côté de certains cols bleus et cols blancs de la Ville, sans contrat de travail depuis plus de trois ans.
Le président du syndicat, Daniel Gauthier, ne se cache d’ailleurs pas pour signifier son intention d’aller signer le registre, lundi prochain.
«Le but de l’exercice de départ, c’est de respecter la capacité de payer des citoyens. Pour moi, le cabaret n’a pas sa place actuellement».
Appel aux citoyens
Invité à répondre aux employés municipaux qui pourraient être choqués de voir un projet se dessiner alors qu’on leur demande de se serrer la ceinture, M. Toupin a répondu qu’il ne fallait pas mêler les deux dossiers.
«L’argent dont on peut disposer dans le cadre de l’achat du cabaret-théâtre (la subvention du gouvernement fédéral) n’est pas de l’argent qui peut nous être versé pour gérer les opérations».
Finalement, M. Toupin a lancé un appel aux citoyens qui pourraient être tentés de s’opposer au projet
«J’espère qu’ils auront le réflexe de s’assurer que l’interprétation des faits est la bonne. S’ils ne sont pas certains, je leur dirais d’appeler leur conseiller municipal pour leur faire part de leurs craintes», a-t-il indiqué soutenant que de la désinformation avait eu lieu dans les débats.
Dépenses et revenus du projet - Chiffres de la municipalité
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Dépenses
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Coût d’achat (évaluation marchande de 1,2 M$ et don de la famille Goyer de 450 000$)
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750 000$
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Coût de la rénovation et mise à niveau
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2 150 000$
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Total
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2 900 000$
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Revenus
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Subvention
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1 520 000$
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Contribution actuelle à Odyscène (35 000$ pendant 20 ans)
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700 000$
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Billets vendus (1$ par billet vendu = minimum estimé de 12 000$ /an pendant 20 ans)
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240 000$
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Dispositions de terrains adjacents (7000$ / an pendant 20 ans)
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140 000$
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Total
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2 900 000$
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