Oléoduc Énergie Est
COBAMIL et Abrinord disent non
Les organismes de bassins versants de la rivière du Nord (Abrinord) et de la rivière des Mille-Îles (COBAMIL) ne dérougissent pas, ils ne donneront pas d'appui au projet Oléoduc Énergie Est de TransCanada.
Depuis environ 40 ans, le pipeline 9B d'Enbridge occupe le territoire québécois. À l'instar de ce géant pétrolier albertain, un autre acteur important, TransCanada, a déposé à l'Office national de l'énergie (ONÉ), en octobre 2014, un projet de construction d'un pipeline traversant le territoire de sept municipalités. Parmi celles-ci : Mirabel et Sainte-Anne-des-Plaines.
Lors d'une rencontre informative, le 9 décembre 2014, les deux organismes de bassins versants (OBV) ont soulevé quelques points relatifs à la sécurité des humains ainsi que la faune et la flore, menant à leur refus.
Ils estiment notamment que l’oléoduc traverserait plus d’une centaine de cours d’eau, de vastes zones vulnérables à la contamination des eaux souterraines ainsi que plusieurs milieux humides sur leurs territoires. De plus, cette construction engendrerait la perte de milieux forestiers et pourrait toucher les sources d'approvisionnement en eau de la grande région de Montréal, s'il y avait une fuite.
"Considérant que les OBV sont des gardiens de l’eau et que le projet d’oléoduc Énergie Est pourrait mettre en péril nos ressources hydriques, tant de surface que souterraines, il est de notre devoir de le rejeter tel que déposé à l’ONÉ. De potentielles retombées économiques ne doivent pas se réaliser au détriment de nos ressources naturelles, à priori de l’eau, essentielle à la vie", a expliqué la présidente du COBAMIL, Denise Cloutier.
Aucune réponse
La rencontre d'information aura laissé un goût amer aux deux OBV, qui n'ont pas obtenu de précision de la part de TransCanada concernant les techniques de franchissement qui seront utilisées pour chacun des cours d'eau, ni les critères qu'utilisera l'entreprise pour identifier les cours d'eau majeurs.
La compagnie pétrolière n'a également pas su répondre à toutes leurs interrogations au sujets des mesures d'urgence en cas de déversement. Selon les chiffres des OBV, le temps de réponse aux urgences pourrait atteindre plus de 22 minutes.
"Je suis fier de la collaboration entre Abrinord et le COBAMIL dans ce dossier d’importance. Il est évident que le projet aura un jour ou l’autre des répercussions sur les ressources en eau, durant la construction de l’oléoduc, mais aussi pendant et après son utilisation. Plusieurs questions demeurent, c’est inquiétant et suffisant pour notre organisme de s’y opposer ", selon Xavier-Antoine Lalande, président d’Abrinord.
Malgré l'ouverture de TransCanada à travailler avec COBAMIL et Abrinord, leur conseil d'administration respectif s'est opposé unanimement à ce projet de construction, tel que présenté.

