Sans surprise, le projet de cabaret-théâtre au centre-ville a retenu l’attention durant une grande partie de l’assemblée du conseil municipal, lundi soir à Sainte-Thérèse.
Cette séance publique survenait une semaine après que 613 personnes eurent signé le registre afin de s’opposer au règlement d’emprunt de 2,94 M$, nécessaire à l’acquisition et la conversion en salle de spectacle de l’ancien salon funéraire Goyer.
Ce soulèvement populaire force ainsi l’administration municipale a tenir un référendum si elle souhaite aller de l’avant dans le projet.
Réagissant publiquement pour la première fois depuis la tenue du registre, la mairesse de Sainte-Thérèse, Sylvie Surprenant, a vivement déploré «la désinformation» qui a été dite au cours des dernières semaines.
«Aujourd’hui, il faut remettre la compétence à ceux qui ont la compétence. On ne peut pas dire n’importe quoi sur des projets [...] Comment 613 personnes sont venues signer avec de la désinformation? Cela me préoccupe hautement. Nous aurons à nous pencher sur la qualité des communications transmises aux citoyens», a indiqué la première magistrate dans une envolée oratoire.
Mme Surprenant a répété à maintes reprises que la relocalisation des spectacles d’Odyscène dans le bâtiment de la rue Turgeon serait un projet qui s’auto-financerait, sans se traduire d’aucune façon sur le compte de taxes des citoyens.
Mécontentement
Les arguments de la mairesse n’ont pas semblé convaincre les quelque 30 citoyens qui s’étaient déplacés pour l’occasion. Par la bouche de quelques-uns, ils ont à leur tour fait entendre leur mécontentement.
En plus de remettre en question le montage financier de la nouvelle salle de spectacle, ceux qui sont intervenus trouvaient excessif l’argent investi dans le projet et avaient du mal à saisir pourquoi la Ville était la seule à courir les risques dans cette aventure.
«J’aimerais qu’on digère les autres grosses dépenses avant de s’embarquer dans un projet comme celui-là», a fait valoir un citoyen.
L’Église Sacré-Coeur à vendre
Présent lors de l’assemblée, le directeur général d’Odyscène, Gilles Dessureault, a dû répondre aux critiques des détracteurs du projet.
À l’ex-candidat à la mairie, Christian Charron, qui regrettait qu’on n’ait pas fait assez d’efforts pour maintenir les spectacles à l’église Sacré-Coeur, M. Dessureault a répondu en lisant une lettre signée par la paroisse Sainte-Thérèse-d’Avila et datée d’avril 2014 qui signalait clairement l’intention de vendre l’église située sur le boulevard du Curé-Labelle.
Référendum?
Ayant déposé le registre contenant les 613 signatures lundi soir, les élus ont jusqu’au 2 mars prochain pour prendre la décision de tenir ou non un référendum sur le règlement d’emprunt nécessaire à la poursuite du projet tel qu’il a été présenté.
Le greffier, Jean-Luc Berthiaume, a estimé qu’un scrutin référendaire coûterait entre 175 000$ et 200 000$. Tous les citoyens de Sainte-Thérèse seraient appelés à y participer.