Journées de la persévérance scolaire
La persévérance vue par Étienne Boulay
L'ancien joueur des Alouettes de Montréal, Étienne Boulay, a profité de la deuxième édition du colloque Persévérance scolaire Laurentides pour venir s'adresser à certains acteurs du milieu, mercredi après-midi, à Blainville.
Dans le cadre des Journées de la persévérance scolaire, l'athlète est revenu sur son parcours de vie, parsemé d'embûches, mais également sur la complémentarité entre le sport et les études.
Tout au long de sa carrière, le champion de trois Coupe Grey a dû persévérer afin d'atteindre les plus hauts sommets.
Les bonnes notes
C'est en secondaire 1 que l'ancien joueur de défense a développé une passion pour le football, mais deux ans plus tard, après s'être rendu compte que c'est ce qu'il souhaitait faire dans la vie, il a dû affronter ses premiers obstacles : son petit gabarit et ses études.
"J'ai vite compris que ce n'était pas avec mon gabarit que j'allais devenir un professionnel alors j'ai utilisé mes autres qualités. Sauf que j'ai réalisé autre chose, pour percer au football, il faut avoir de bonnes notes. C'est là que j'ai frappé un mur. Pour moi, l'école était une activité sociale, mais pour ne pas perdre de vue mon objectif, j'ai porté beaucoup plus attention en classe", a-t-il expliqué, ajoutant qu'il a pilé sur son orgueil et s'est servi des ressources mises à sa disposition.
Ce dernier a décidé de faire des choix qui n'ont pas nécessairement plu à certains de ses amis, mais toujours dans le but de réaliser son rêve. Exilé au Connecticut en secondaire 5, et baragouinant quelques mots d'anglais, il a pris les bouchées doubles afin d'avoir les notes nécessaires.
"Après un entraînement, j'ai décidé d'aller parler à mon entraîneur et je lui ai demandé s'il y avait un moyen qu'il m'explique en solitaire ce que je devais faire. J'ai fait de même avec les professeurs. J'ai coupé ma vie sociale dans le but de progresser et j'étais tellement structuré que rien n'était laissé à l'imprévu", s'est remémoré Boulay.
L'art d'être discipliné
Dans ses études comme sur le terrain, l'ex-maraudeur a toujours su se discipliner afin de persévérer et un jour endosser le chandail d'une équipe professionnelle. Une façon de voir les choses qui lui aura permis de grandir en tant qu'homme, mais aussi en tant que joueur de football.
"À la fin de mon université, j'étais si près de mon but que je me suis coupé du monde entier. Je m'entraînais, je surveillais ce que je mangeais et je me couchais tôt. Je suis devenu hyper-confiant. C'est exactement la même chose à l'école et sur le terrain. J'étais tellement bien préparé que je croyais énormément en mes moyens et c'est peut-être même plus important que la forme physique", a-t-il souligné.
Repousser ses limites
Finalement repêché dans la Ligue canadienne de football (LCF), et touchant son rêve du bout des doigts, il ne souhaitait pas repartir les mains vides. Une blessure au camp d'entraînement de son année recrue est venue ralentir sa progression, mais il en fallait beaucoup plus pour lui faire baisser les bras.
"Le matin du dernier match préparatoire, le docteur des Alouettes m'a proposé de me faire un bandage spécial, ce que j'ai accepté. Je me suis remis en question, mais j'ai décidé de me faire confiance. Je ne voulais pas avoir de regrets parce que je ne pouvais pas tout contrôler", a mentionné l'homme de 31 ans.
Après s'être taillé un poste avec l'organisation montréalaise, il a décidé de repousser ses limites dans le but de s'améliorer. Notamment en défiant son coéquipier Ben Cahoon, un des meilleurs receveurs de l'histoire de la LCF.
"Je ne voulais pas rester au même niveau alors j'ai décidé de me mesurer au meilleur. Pendant plusieurs semaines, il m'a humilié. Il me battait lors des dix répétitions à l'entraînement, mais au fur et à mesure, c'est devenu neuf, huit et ainsi de suite", a indiqué l'ancien numéro 22.
Une passion pour s'accrocher
Ce n'est pas toujours facile pour les jeunes de s'accrocher à l'école, mais selon la vision d'Étienne Boulay, il ne suffit que d'une petite étincelle, une simple motivation afin de leur donner le goût de persévérer.
"À travers le sport, les arts, les activités scolaires, il y a quelque chose à apprendre de ça. À partir du moment où un jeune découvre une passion, le reste devient plus facile. Il y a des choses qu'on ne peut contrôler dans la vie, mais un diplôme, ça ne s'enlève pas", a-t-il conclu.

