La grève des employés de Sainte-Thérèse est-elle imminente?
Les négociations entourant le renouvellement de la convention collective des cols bleus et cols blancs de la Ville de Sainte-Thérèse ont été suspendues lors d’une rencontre de conciliation tenue mardi. «Si la Ville ne bouge pas, nous nous dirigeons tout droit vers une grève, minime ou illimitée», soutient le président du syndicat, Daniel Gauthier.
La quatrième rencontre de conciliation a été interrompue au bout de trois heures, l’employeur et le syndicat n’arrivant pas à s’entendre sur une clause concernant le temps supplémentaire, qui n’est pas obligatoire pour les employés de la ville.
L’employeur souhaiterait insérer dans la nouvelle convention collective une clause selon laquelle le temps supplémentaire serait imposé aux employés par ordre inverse d’ancienneté. Le syndicat refuse catégoriquement de plier à cette demande.
«On prétend qu’on a manqué dans le passé d’employés pour faire du temps supplémentaire. On leur a demandé de nous donner quelques exemples, à l’exception de cette année, qui est une année de moyens de pression. L’employeur n’a jamais pu nous trouver un seul cas», déplore Daniel Gauthier.
Le syndicat estime que l’ajout de cette clause pourrait leur nuire lors d’un éventuel conflit de travail.
«On a toujours fait de notre travail une fierté. On est en mesure de faire le travail jusqu’au bout. Cependant, lorsqu’il y a des négociations, on a le droit à nos moyens de pression»,affirme le vice-président du syndicat, Yanick Dubois.
Demande raisonnable
Du côté de l’administration municipale, on estime que cette demande est «raisonnable» et qu’elle n’a pas l’objectif de «causer du tort aux employés».
La directrice générale de la Ville, Chantal Gauvreau, trouve nécessaire cette clause, ne serait-ce que pour éviter l’annulation d’activité.
«En tout temps, la Ville doit s’assurer de livrer la marchandise, de pouvoir rendre le service qu’elle a payé [...] Par exemple, les événements que la Ville organise ont un coût. Au moment où je signe mon contrat, je dois débourser les sommes d’argent. Donc, je m’engage, avec des frais, à pouvoir livrer un service aux citoyens. Au bout de la ligne, on veut avoir les employés qui livrent aussi la marchandise», a-t-elle mentionné.
Vers la grève?
Le président du syndicat ne semble pas vouloir changer de position. Si la Ville ne cède pas, la grève deviendra une option réelle, affirme celui qui représente quelque 160 cols bleus et cols blancs à Sainte-Thérèse.
«Nous avons obtenu un vote de grève avant les Fêtes. On retourne en assemblée générale la semaine prochaine. On solidifiera notre mandat de grève et on trouvera des journées.
Si la Ville tient sa position, on se dirige vers une grève, minime ou illimitée, les membres vont décider», mentionne-t-il.
Chantal Gauvreau n’a pas voulu se prononcer quant à la possibilité de voir la Ville bouger sur ce point litigieux. Si le syndicat décidait d’y aller avec la grève, elle souhaite que celui-ci fasse appel à la conciliatrice avant son déclenchement afin que les parties puissent trouvent un terrain d’entente.
La prochaine séance de conciliation est prévue au calendrier pour le 10 mars prochain. Rappelons que les cols bleus et cols blancs de Sainte-Thérèse sont sans contrat de travail depuis plus de trois ans.

