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Ces enfants d'ailleurs : La passion avant l'argent

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11 mars 2015
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Simon Servant
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Par Simon Servant, Journaliste

Quitter le nid familial afin de poursuivre son rêve de jouer dans la Ligue nationale de hockey (LNH) n'est pas une mince tâche. Toutefois, chaque année, une vingtaine de familles d'accueil sont prêtes à accepter ces jeunes sous leur toit, contribuant à en faire de meilleurs joueurs et de meilleures personnes.

Depuis 2011, la Rive-Nord de Montréal voit l'Armada de Blainville-Boisbriand élire domicile sur son territoire. Anciennement le Junior de Montréal, l'équipe a amené avec elle, lors du déménagement, une bonne partie de ses joueurs, mais pas ses familles d'accueil.

Responsable des pensions depuis maintenant huit ans, dont quatre avec l'Armada, François Bernier effectue annuellement le même processus de sélection afin de permettre aux joueurs de passer la saison dans un environnement semblable à celui qu'ils auraient, s'ils étaient chez eux.

« Quand nous recevons des demandes, je vais rencontrer la famille, je discute avec tous les membres, je visite la maison et j'explique en quoi consiste l'hébergement d'un joueur. Je prends note de leurs intérêts et je leur donne l'heure juste. Certains pensent qu'il y a des avantages monétaires, mais ce n'est pas le cas. Les familles doivent le faire pour l'expérience », a-t-il soutenu.

L'expérience, c'est le mot d'ordre. Avoir un joueur de hockey dans son salon n'est pas toujours synonyme de partie de plaisir. Les temps peuvent être difficiles et la passion doit l'emporter sur les intérêts personnels.

« Elles doivent le faire par passion parce que ce n'est pas une situation où il est là une fin de semaine sur deux. Il vit dans cette maison comme s'il était chez lui. Nous disons aux familles qu'elles ne peuvent accepter quelque chose qu'elles n'accepteraient pas de leur propre enfant. Nous leur demandons également de faire confiance au personnel d'entraîneurs et de le témoigner aux joueurs », a expliqué Joël Bouchard, président-directeur général et entraîneur-chef de l'Armada.

Plan de match

Bien que sur la patinoire le groupe de joueurs est homogène, il en est tout autre à l'extérieur. Une organisation compte dans ses rangs des francophones, des anglophones, des Québécois, des Européens, des joueurs détenant des permis de conduire, d'autres non. La distribution des joueurs se fait d'une façon à faciliter les jeunes et aussi l'équipe.

« Nous essayons d'accommoder les joueurs le plus possible. Nous prenons en considération s'ils ne souhaitent pas être en compagnie d'animaux ou s'ils veulent être avec un coéquipier. Nous les plaçons également en fonction des transports, car c'est l'Armada qui en est responsable et non les familles », a indiqué M. Bernier, ajoutant qu'il tend également à vérifier la dynamique au sein de la famille.

Selon lui, les bonnes pensions sont caractérisées ainsi lorsque leur autorité suit celle de l'équipe. Il y a des règles à respecter et elles doivent être prises au sérieux.

Avant le début de la campagne, les dirigeants de l'équipe discutent avec les pensions et leur donnent des indices sur ce qui pourrait se produire pendant la saison. Les joueurs vivent de la pression, certains jouent moins ou ont de la difficulté à s'adapter au hockey junior. D'ailleurs, des suivis sont faits dès les premières semaines.

Le facteur européen

Comme c'est le cas des 17 autres formations de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), l'Armada accueille des joueurs provenant du Vieux Continent. Dans le cas échéant, il y en a deux : Emil Aronsson, de la Suède, et Nikita Jevpalovs, de la Lettonie.

Pour Joël Bouchard, qui a lui-même vécu l'expérience et qui a joué 364 parties dans la LNH, les Européens sont conscients de ce que ça implique de parcourir plus de 6000 kilomètres pour venir jouer au hockey en Amérique du Nord.

« Ils viennent ici pour devenir des joueurs de hockey et ils savent que ça vient avec le fait de rester chez quelqu'un d'autre. Ils n'ont pas autant l'occasion de voir leurs proches, comme les autres joueurs québécois, alors l'important, c'est de les placer avec des gens qui ont une fibre très familiale », a-t-il affirmé.

Parfois, de petits problèmes surviennent, mais c'est habituellement parce qu'il y a un manque de communication. Les joueurs ne veulent pas déplaire à la famille et cette dernière ne connaît pas leurs préférences. Cependant, les problématiques se font très rares.

La formation des Basses-Laurentides compte présentement 28 familles d'accueil. 23 d'entre elles hébergent des joueurs de façon régulière alors que cinq autres sont placées en réserve, s'il y a des déménagements ou des rappels de joueurs.

Demain, dans la deuxième partie de notre dossier Ces enfants d'ailleurs, l'Écho de la Rive-Nord partagera l'expérience de Nikita Jevpalovs et de sa famille d'accueil.

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