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Ces enfants d'ailleurs : Le franc-tireur letton

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12 mars 2015
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Simon Servant
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Par Simon Servant, Journaliste

Lorsque Nikita Jevpalovs a quitté sa Lettonie natale, à 16 ans, il était loin de se douter qu'un peu plus de quatre ans plus tard, son expérience au Québec allait se transformer en un contrat professionnel dans la Ligue nationale de hockey (LNH).

Repêché par l'Armada de Blainville-Boisbriand en 2012, lors du repêchage européen, Nikita Jevpalovs a amené son talent et son anglais approximatif en banlieue de Montréal, laissant derrière lui ses parents et amis. L'adolescent de 16 ans a profité de cette expérience pour devenir un homme.

« C'était très dur de quitter ma famille. À l'époque, je n'étais qu'un enfant incapable de faire beaucoup de choses par moi-même. J'étais effrayé de venir dans un environnement francophone, car je ne connaissais pas la langue et je savais que ça allait être difficile pour moi et mon entourage. Ma famille d'accueil n'était pas totalement bilingue, mais les membres ont fait des sacrifices pour me permettre de bien m'intégrer », a fait valoir le Letton.

Sa famille d'accueil, c'est Nathalie Beaudry, Réal Cloutier et leurs deux filles, Marie-Christine et Jessica. Ceux-ci n'avaient jamais hébergé de joueurs de hockey avant Nikita et c'est leur passion pour l'Armada qui les a incité à s'impliquer.

« À la base, nous étions des partisans de l'Armada. Les gens venaient me voir et me disaient que je devrais prendre un joueur parce que nous n'avions pas de garçon. Francois Bernier est donc venu nous rencontrer et ce n'était pas évident parce que mes deux filles étaient âgées d'environ 18-19 ans. Deux mois plus tard, ils nous a offert de l'héberger », a remémoré M. Cloutier.

Un travail à temps plein

Débarquant du véhicule de façon nonchalante, l'attaquant de l'Armada était prêt à travailler corps et âme afin d'atteindre son but de devenir un joueur de hockey dans la LNH. De l'autre côté de la médaille, les membres de sa pension ont ajouté des tâches à leur vie quotidienne.

« Ce n'est pas compliqué, depuis trois ans, notre vie tourne autour de Nikita. Il y a les préparations d'avant-match et d'après-match. La chose à mentionner aussi, c'est qu'il n'est pas très bon pour se faire la cuisine, alors Nathalie et moi lui préparons des repas », a expliqué le père de famille, sourire aux lèvres.

Pour les deux jeunes filles qui cohabitent avec lui, l'adaptation aura été de courte durée. De nature tranquille, elles ont développé des intérêts communs et se sont beaucoup attachées à Nikita.

« Il prend de la place positivement dans la maison », a insisté une d'entre elles.

Relation privilégiée

Au fil des années, le numéro 71 de la formation laurentienne a appris à chasser sa timidité et il a développé une belle complicité avec les membres de sa famille d'accueil, qui lui ont offert un soutien remarquable depuis son arrivée.

« Je me sens très bien ici. J'ai l'impression d'être à la maison et c'est carrément ma deuxième famille. Je suis très reconnaissant qu'ils m'aient accueilli dans leur vie. Je ne suis pas leur enfant, mais je pense l'être devenu avec le temps », a-t-il souligné.

Se trouvant à plus qu'une simple virée d'automobile de son domicile, ce dernier a eu la chance de voir sa mère et sa copine à quelques occasions, mais pendant les huit mois que dure la saison, la relation qu'il entretient avec sa pension atteint toujours de nouveaux sommets.

« Le contact est fort avec les joueurs européens et c'est différent pour eux, car ils ne peuvent pas quitter pour retourner chez eux. Par exemple, pendant Noël, Nikita est resté avec nous et sa copine était ici. Il faut l'accepter comme son enfant parce que sinon, il va se sentir comme un étranger », a spécifié Mme Beaudry.

Tourner la page

Ayant un contrat d'entrée de trois saisons avec les Sharks de San Jose, l'auteur de 48 buts cette saison terminera son stage junior en même temps que la saison de l'Armada. Le chaud soleil de la Californie ne l'empêchera pas de garder une place dans son cœur pour les gens qui l'ont fait sentir chez lui, à Boisbriand.

« Ce sera dur de les quitter, mais je compte bien revenir les voir quand j'en aurai la chance, a affirmé Jevpalovs. Même si j'ai un contrat professionnel, j'espère rester en contact avec eux et j'espère qu'ils auront la chance de venir me voir jouer. »

À la fin de la campagne, son départ mettra également un terme à l'aventure de la famille, dans cet aspect du hockey. La coupure sera trop difficile à digérer.

« Je vais savoir qu'il sera là-bas. Ce ne sont pas les millions ou encore la LNH, ma plus grande fierté, c'est d'avoir rencontré un petit gars avec qui j'ai eu beaucoup de plaisir », a conclu émotivement M. Cloutier.

Vendredi, dans la dernière partie de notre dossier Ces enfants d'ailleurs, l'Écho de la Rive-Nord partagera l'expérience d'Emil Aronsson et de sa famille d'accueil.

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