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Ces enfants d'ailleurs : Le timide suédois

durée 13h07
13 mars 2015
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Simon Servant
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Par Simon Servant, Journaliste

Emil Aronsson caresse toujours le rêve de jouer au hockey professionnel et il savait que pour l'atteindre, il devait passer par le Canada, où il a rencontré plusieurs nouveaux coéquipiers et trois êtres chers.

Contrairement à son autre coéquipier européen, Nikita Jevpalovs, Emil Aronsson s'installait au Canada pour la première fois, lorsqu'il a été sélectionné par l'Armada de Blainville-Boisbriand lors du repêchage européen de 2013. Après de courtes discussions, il a pris le premier aller-simple menant à Dorval.

« J'étais très surpris d'être repêché par l'Armada. J'en ai parlé à mon agent et il m'a dit que c'était une belle opportunité de venir tester mes habiletés ici. J'étais un peu nerveux, mais c'est ce que j'avais toujours voulu et ma mère m'a tout de suite encouragé à y aller. Elle savait que c'était bon pour moi et elle respectait le fait que je devais faire tout en mon possible pour ma carrière », a-t-il raconté.

Ne sachant pas trop à quoi s'attendre de ce nouvel environnement francophone, le Suédois débarque chez la famille Tardivel, où Luc, Nancy et leur fille Kelly sont habitués d'accueillir des joueurs de hockey.

« Nous hébergeons des joueurs depuis la première année de l'Armada. J'avais vu l'annonce dans le journal et j'en ai discuté avec le reste de la famille. Comme nous avions une grande maison, je me disais que ce serait bien d'en faire profiter tout le monde. Tout était parfait pour y installer des joueurs », a affirmé M. Tardivel, ajoutant que sa famille avait aussi vu Ilya Nikolaev, Jonathan Narbonne, Raphaël Pouliot, Tommy Giroux, Félix Plouffe et Joseph Strong franchir leur porte.

Le bon côté des choses

Pour une rare fois, la famille Tardivel n'accueille qu'un seul porte-couleurs du noir et blanc. Une expérience qui est également changeante pour ses membres, qui devaient vivre des situations différentes par le passé.

« Il faut les épauler physiquement, mais aussi mentalement. Parfois, certains d'entre eux vivent des moments difficiles ou ils sont blessés. Par le passé, nous avons eu un joueur qui avait du succès et un autre moins. C'est dur à gérer parce que tu te réjouis et ensuite, tu dois servir de réconfort. Il faut être présent psychologiquement et les inciter à parler », a témoigné Mme Leszkiewicz.

En bonne mère de famille, cette dernière voyait en ces jeunes l'occasion de vivre ce qu'elle n'avait jamais vécu auparavant : avoir un fils. La présence des joueurs aura été bénéfique tant pour eux que pour la pension.

« Ça nous regroupe à la table pour le souper. Ça nous ramène un esprit de famille parce que d'habitude, nous ne sommes que trois et nous faisons nos petites affaires. Ils deviennent des frères, des fils et je les traite ainsi. Quand tu es de bonne foi, tu ne veux pas faire d'erreur avec ton enfant. Quelques-uns arrivent ici et sont incapables de se faire cuire un œuf, alors je leur montre », a-t-elle insisté.

L'attaquant de l'Armada n'avait également que de bons mots à dire à propos de l'écoute et la qualité de vie apportées par sa deuxième famille.

« Ils sont toujours là pour m'aider, me conseiller et m'écouter. Que ce soit après une défaite ou après un match où je n'ai pas bien joué, ils sont toujours positifs et ils me font sentir comme si j'étais chez moi. C'était un aspect très important quand j'ai décidé de venir au Québec », a dit le numéro 8.

Une période d'adaptation

Pour sa part, Kelly, qui est enfant unique, voyait tout à coup ses nouveaux "colocataires" obtenir un peu plus d'attention qu'elle n'en avait l'habitude. Elle a dû prendre quelque temps afin de bien accepter le fait que le hockey devenait maintenant la priorité numéro un du nid familial.

« La première année, j'ai eu des difficultés à m'adapter. Par exemple, les joueurs faisaient une sieste à 15 h alors pendant une heure, plus personne n'avait le droit de dire un mot. Ça change la routine. J'ai réussi à m'habituer. Disons qu'avec les garçons à la maison, j'étais aussi heureuse d'être seule dans le sous-sol », a-t-elle expliqué.

M. Tardivel se souvient aussi des premiers mois et des changements qu'elle a dû apporter.

« Il n'était pas rare qu'avec Jonathan Narbonne, nous éclations de rire jusqu'à minuit. Elle perdait sa place. Ç'a été une belle expérience pour elle parce qu'elle a appris à partager. »

Malgré tout ce que l'on puisse en dire, accueillir un joueur de hockey à son domicile apporte beaucoup plus d'avantages que de désavantages. C'est une expérience enrichissante pour la famille, mais aussi pour les joueurs, qui développent ce côté humain que le sport amène souvent.

« Ça m'a aidé à devenir une meilleure personne. C'était déjà toute une expérience de jouer au hockey au Québec, mais ça m'a permis de devenir plus mature, d'être moins timide et de parler beaucoup mieux en anglais et un peu en français », a terminé Aronsson.

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