Renouvellement de la convention collective
4200 enseignants invités à se prononcer sur un mandat de grève
Alors que les négociations entourant le renouvellement de leur convention collective se poursuivent, les enseignants de la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles (CSSMI) sont appelés à durcir le ton.
Le Syndicat de l’enseignement des Basses-Laurentides (SEBL) a convié ses 4200 membres à une assemblée générale mardi soir prochain durant laquelle un mandat de grève pourrait être adopté.
«Nous avons vu les offres patronales. Elles sont ignobles. Il faut réagir à celles-ci en montrant que nous n’avons pas l’intention de revenir en arrière», mentionne Sylvie Turgeon, présidente du SEBL.
Le mandat de grève, s’il est adopté, pourrait devenir une «arme de négociation» intéressante, estime Sylvie Turgeon.
«Nous ne faisons pas juste défendre nos conditions de travail. Nous défendons également les conditions d’apprentissage des élèves ainsi que l’école publique», confie Mme Turgeon.
Rendues publiques avant les Fêtes, les offres proposées par le gouvernement Couillard ont déjà fait l’objet de nombreuses critiques. À titre d’exemple, la hausse du ratio du nombre d’élèves par classe fait partie des propositions difficiles à avaler chez les enseignants.
Deuxième phase d’action-mobilisation
Adoptée lors de l’assemblée générale en janvier dernier, la première phase du plan d’action-mobilisation du SEBL prendra fin le 31 mars prochain, jour où la convention collective viendra à échéance.
Une deuxième phase de moyens de pression sera débattue lors de la séance prévue mardi.
«La première phase était légère. Elle était davantage consacrée à sensibiliser la population et à tisser des liens de solidarité entre les membres. Nous serons plus visibles à partir du 1er avril. Nous voulons que ça bouge», indique Mme Turgeon.
Des actions de piquetage symbolique sont d’ailleurs prévues le 31 mars prochain pour souligner la fin de la convention collective.
Pas de grève légale avant juin
L’assemblée générale sera suivie de très près par la commission scolaire. Peu importe les moyens de pression adoptés lors de cette soirée, la priorité demeurera le service aux élèves, assure Anik Gagnon, directrice adjointe aux services des affaires corporatives à la CSSMI.
Étant donné que le droit de grève au Québec est largement encadré et que les procédures à suivre ont des délais à respecter, il est difficile de croire que les enseignants puissent débrayer avant le mois de juin prochain, estime-t-on, tant du côté du syndicat que de la commission scolaire.
Selon Anik Gagnon, la commission scolaire aurait donc suffisamment de temps pour avertir les parents advenant le déclenchement d’une grève légale. Et en cas de grève illégale, elle se tournerait du côté du conseil des services essentiels.
Finalement, Mme Gagnon a tenu à rappeler l’importance du respect mutuel dans cette «période de turbulence».
«Nous faisons attention au respect de chacun. C’est un enjeu national. Nous allons toujours nous positionner pour qu’il n’y ait pas de personnalisation. C’est important de travailler en collaboration avec les syndicats pour dépersonnaliser le tout».

