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Conférence

Tenir tête au pétrole

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Gabriel Nadeau-Dubois, ancien porte-parole de la CLASSE, et Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace, ont visité le Collège Lionel-Groulx, mercredi, afin de faire le point sur les transporteurs pétroliers et leurs risques pour la population et l'environnement.

Dans le cadre de cette série de conférences à travers plusieurs cégeps de la province, les deux militants ont dressé un portrait alarmant de l'exploitation des sables bitumineux au Canada ainsi que sa transportation.

Depuis le 21 avril, jusqu'au 12 mai, les deux conférenciers de cette tournée intitulée Le Québec aux portes de l’enfer pétrolier tentent de proposer une autre vision du développement économique et énergétique pour le Québec et le Canada.

Implication au Québec

Gabriel Nadeau-Dubois, qui a été au cœur du mouvement étudiant, en 2012, a débuté son exposé en incitant les étudiants à s'impliquer dans cette cause environnementale, qui a des répercussions majeures sur l'ensemble de la province. C'est d'ailleurs une raison qui l'a amené à participer à cette tournée.

« Depuis les années 50, au Québec, le mouvement étudiant a été un mouvement social important ayant fait partie de plusieurs grands débats. De façon étrange, cet enjeu est toujours resté dans l'angle mort des étudiants. Pourtant, aux États-Unis par exemple, il y a eu un soulèvement contre les combustibles fossiles. La crise écologique sera le grand enjeu politique de notre génération » a-t-il soutenu.

Il n'y a pas si longtemps, le pétrole ne monopolisait pas autant les médias, mais au Québec, c'est un sujet qui prend de plus en plus d'ampleur. Notamment en raison des débats sur les gaz de schistes, l'inversion de la ligne 9B d'Enbridge, l'exploitation sur l'île d'Anticosti ou le projet d'oléoduc de TransCanada.

« C'est très rentable d'exploiter du pétrole et le Québec est très impliqué parce que les grandes entreprises pétrolières ont besoin de le transporter, d'où l'intention d'ajouter des oléoducs. Les désirs d'importation sont criants, mais des projets à l'ouest, le Northern Gateway, et au sud, le Keystone XL, ont été bloqués alors il reste l'est, vers le Québec », a ajouté Gabriel Nadeau-Dubois.

Conséquences gouvernementales

Le transport du pétrole et l'exploitation pétrolière comportent des risques très concrets, comme par exemple les déversements, mais il y a aussi des conséquences globales, comme les changements climatiques.

Même s'il n'est pas assuré que le Québec vive un déversement aussi majeur que celui au Michigan, dans la rivière Kalamazoo, en 2010, la surproduction de gaz à effet de serre est un problème qui touche toute la planète.

« Les Nations Unies nous disent que si nous ne prenons pas d'actions, d'ici 2100, le réchauffement planétaire s'élèvera à 4 degrés Celsius. Les scientifiques somment la population et les gouvernements de ne pas dépasser 1,5 ou 2 degrés Celsius, car sinon, il y aura des bouleversements climatiques catastrophiques. C'est vers là que nous nous dirigeons en ce moment », a expliqué M. Bonin.

Même si le Québec a été frappé d'une grande vague de froid cet hiver, il ne faut pas s'y méprendre, lance le porte-parole de Greenpeace, le réchauffement est très documenté et des statistiques le prouvent.

« Au niveau mondial, janvier 2015 a été le deuxième mois de janvier le plus chaud jamais enregistré. C'est la même chose pour février 2015 alors que mars 2015 a été le mois de mars le plus chaud de l'histoire. »

Le Canada, pire pays industrialisé

Au Canada, la diminution des gaz à effet de serre n'est plus dans les plans depuis bon nombre d'années déjà. Le Canada est le pays industrialisé qui affiche le pire rendement à ce sujet.

« D'ici 2020, le pays se dirige vers une augmentation des émissions de gaz à effet de serre en raison de la production des sables bitumineux. On parle notamment de déforestation, de contamination de l'eau potable, d'empiètement sur les Premières Nations, de plus de 20 000 violations des traités des Premières Nations ou de problèmes au niveau de la qualité de l'air », a indiqué M. Bonin.

Gabriel Nadeau-Dubois se questionne quant à lui sur les motifs politiques derrière cette exploitation et à quel point le premier ministre canadien, Stephen Harper, souhaite en voir la réalisation.

« Sur le palier gouvernemental, il y a un projet global qui est de transformer l'état canadien en pétro-état. Dans les dernières années, Stephen Harper a procédé à une énorme modification des règlementations environnementales afin de favoriser le développement de l'industrie pétrolière », a-t-il souligné.

Solutions

Le blocage des projets comme Oléoduc Énergie Est, à la suite de la grogne à Cacouna, amènera une diminution de la production, car les géants pétroliers ne pourront plus le distribuer.

D'autres solutions s'offrent également à la population ou aux gouvernements. Notamment l'électrification des transports ou le développement dans d'autres énergies propres.

« Le même dollar qu'on investit dans le secteur pétrolier peut créer sept ou huit fois plus d'emplois dans l'éolien ou l'énergie solaire », a conclu M. Bonin.

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