Dossier de la gare
"Il y a une roche dans le soulier quand on parle de Mirabel" - Robert Poëti
Si l’on se fie aux propos du ministre des Transports, Robert Poëti, la construction d’une gare à Mirabel ne sera pas dans les cartons du gouvernement libéral tant qu’il n’y aura pas consensus quant au choix du site.
Rencontré lors d’un point de presse à Lachute, vendredi après-midi, M. Poëti a mentionné que l’opposition à la construction d’une gare à Mirabel était trop importante pour penser aller de l’avant dans le projet.
“Pour nous, en amont de toute décision, l’acceptabilité populaire est incontournable. On ne fera pas quelque chose contre la volonté des citoyens. Il faut qu’on soit capable d’avoir un consensus. Ici, il n’y en a pas. Au contraire, il y a de l’opposition de groupes fort importants”, a-t-il indiqué.
L’Union des producteurs agricoles, la Commission de protection du territoire agricole du Québec, l’Ordre des agronomes du Québec, l’organisme Vivre en ville et la Fondation David Suzuki ont été cités par le grand patron des transports parmi les douze groupes étant contre la construction d’une gare en zone verte à Mirabel.
Selon lui, les élus et ces différents groupes devront trouver un compromis, sans quoi le projet risque de ne jamais voir le jour. M. Poëti ne demande pas l’unanimité, mais bien un consensus, a-t-il précisé.
“Il y a une roche dans le soulier quand on parle de Mirabel”, a imagé le député de Marguerite-Bourgeoys.
Achalandage peu élevé
L’autre aspect qui n’encourage pas l’arrêt des trains à Mirabel est le peu d’usagers que cette nouvelle gare attirerait.
Selon les chiffres avancés par Robert Poëti, quelque 250 personnes monteraient quotidiennement à bord du train de banlieue à Mirabel, ce qui constitue, ajoute-t-il, d’un nombre peu impressionnant.
“Ces chiffres-là ne nous amènent pas à placer ce dossier en priorité. Ces chiffres ne peuvent justifier une gare à Mirabel”, a-t-il indiqué en précisant que ces statistiques provenaient de la récente étude faite par l’Agence métropolitaine de Transport.
Deux sites potentiels
Présent au point de presse au cours duquel des investissements routiers ont été annoncés, le maire de Mirabel, Jean Bouchard, a préféré ne pas réagir aux déclarations du ministre. Une rencontre serait prévue entre les deux hommes et la députée de Mirabel, Sylvie D’Amours, au cours de la semaine prochaine.
Rappelons qu’une récente étude de l’AMT a étudié le potentiel de cinq différents sites pour accueillir une gare à Mirabel. Celle-ci a conclu que les terrains de la rue Victor, en zone agricole, et de la rue Charles, en zone urbaine, constituaient les deux sites les plus intéressants.
Le débat entourant la construction d’une gare à Saint-Janvier dure depuis presque dix ans. L’emplacement de celle-ci a toujours été au coeur du problème.

