Le système de retraite à deux vitesses demeure
Fin du lock-out chez Paccar : l'offre patronale acceptée à 86%
Après deux rejets d'offres patronales le 29 novembre et 2 décembre derniers, au terme de l'assemblée syndicale tenue hier, l'offre patronale a été acceptée à 86%.
Au terme de l’assemblée syndicale tenue hier matin, les 1400 employés de l'entreprise Paccar à Sainte-Thérèse, ont accepté à 86% l’entente de principe conclue avec Paccar et leur syndicat Unifor, mettant ainsi fin au conflit de travail. L'usine de Sainte-Thérèse a été mise en lock-out le 1er décembre dernier. Malgré plusieurs avancées, dont l'augmentation du salaire, le régime de retraite à deux vitesses demeure, même si l'écart entre les rentes que peuvent toucher les deux catégories d’employés (A et B) a été réduit.
« Nous avons obtenu des gains vraiment importants, mais l’une des priorités de cette négociation n’a malheureusement pas pu être obtenue, à savoir l’élimination de la disparité de traitement dans le régime de retraite. Et c’est ce qui nous désole le plus. Ce n’est pas normal que des travailleuses et travailleurs doivent subir un lock-out et risquer leur emploi pour éliminer ce qui est maintenant considéré comme illégal. Il est plus que temps que la loi soit changée. Ce conflit en fait la démonstration évidente », a commenté Renaud Gagné, directeur québécois d’Unifor.
15 $ de différence
Deux régimes de retraite à prestation déterminée coexistent au sein de l’entreprise selon la date d’embauche des salariés. Le groupe A, composé des plus anciens, obtient une rente plus généreuse que ceux du groupe B. C’est ce qu’on appelle un régime de retraite à deux vitesses. Depuis juin 2018, il est illégal de négocier ce genre de disposition puisqu’il s’agit d’une disparité salariale basée sur la date d’embauche. Le problème est que la loi ne l’interdit pas pour les conventions collectives qui ont été négociées avant cette modification.
« La compagnie Paccar fait de l’argent sans bon sens, mais a refusé de régler cette problématique. Même si nous avons pu amoindrir en partie l’écart entre les deux groupes, il demeure que la différence est toujours de 15 $ par mois par année de service. C’est considérable. Il faut aussi prendre en compte que l’employeur a fait planer un possible déménagement de la production dans d’autres usines », a expliqué Martin Lambert, représentant national d’Unifor.
Malgré une déception majeure, 15% d'augmentation de salaire sur 5 ans
Le syndicat explique que la nouvelle convention collective comporte tout de même des avancées majeures, à savoir: les 15 % d'augmentation de salaire sur 5 ans, l'élimination du groupe A et B sur le calcul de l'ancienneté, une majoration des rentes de retraite dont celle du groupe B qui est augmenté de 35 % (ce qui réduit l'écart avec le groupe A à 27 %), l'ajout d'un deuxième représentant à la prévention, l'augmentation des primes de quarts travail et la majoration des maximums de revenus en assurances collectives, ce qui était une autre des priorités de la négociation.
Pour le dirigeant d’Unifor, « il est plus que temps que le gouvernement légifère pour nous aider à régler ces situations injustes et inéquitables. Mais attention, que ce ne soit pas fait en rabaissant les conditions des régimes de retraite. Il faut niveler vers le haut et non vers le bas ».
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