Publicité

2 avril 2020 - 10:00

Des experts craignent une hausse des troubles de santé mentale

Prendre soin de sa santé mentale en temps de pandémie

Jessica Brisson

Par Jessica Brisson, Journaliste

Depuis maintenant plus de trois semaines, le Québec entier vit une transformation drastique. Le stress et l’anxiété causés par ces changements liés à la COVID-19, affectent plus de 300 000 Québécois qui souffrent d’un trouble de santé mentale.

Alors que de nombreuses personnes sont confinées à la maison, d’autres sont sur le terrain et travaillent sans relâche à limiter les impacts du virus. Dans un cas comme dans l’autre, le niveau de stress est souvent très élevé et les risques de souffrir de dépression ou d’épuisement professionnel peuvent être augmentés.

Mais comment doit-on prendre soin de sa santé mentale en ces temps de crise ?

Que faire avec les enfants, que faire avec nous-mêmes et notre partenaire. Dès lors, plusieurs familles sont aux prises avec des soucis financiers, ce qui donne lieu à une anxiété qui est réelle. Bref pour tous, le niveau de stress augmente et nous risquons de nous retrouver à fleur de peau assez rapidement. Cette coupure collective n’est pas sans impact personnel et social.

Selon Karine Joly, travailleuse sociale, « depuis le début du confirment et de la distance sociale, on peut parler d’une « onde de choc initiale », ou les familles se sont vues confrontées à une accumulation de stresseurs et de peurs: restrictions imposées, peur de perdre le lien d’emploi, les enjeux liés à la scolarité de leurs enfants, préoccupations reliées à sa propre santé et ceux des êtres chers, et les impacts financiers, par exemple ».

Les différentes mesures mises en place par les gouvernements et la santé publique servent à rassurer et calmer certaines inquiétudes. « Mais cette grande bataille collective qui nous demande de nous isoler représente du jamais vue pour la plupart d’entre nous ». De plus, la plupart des personnes sont habituées à vivre au jour le jour avec une certaine structure personnelle et sociale. « Notre routine quotidienne représente un ancrage important. Et la voilà chamboulée du jour au lendemain », ajoute Mme Joly. 

Il y a aussi les gens qui sont plus vulnérables au quotidien; ceux qui ont une santé mentale déjà fragile et qui doivent en plus, composer avec les incertitudes actuelles. « Certaines personnes ont besoin de débuter ou de poursuivre un suivi professionnel pendant cette période difficile. La plupart des professionnels psychosociaux sont maintenant accessibles via des plateformes technologiques tels que le téléphone, Zoom, ou autre », poursuit le travailleuse sociale.

Travailler le corps et l’esprit

Il est important pour les personnes et les familles de prendre des mesures individuelles et collectives afin de préserver leur santé mentale et leur santé physique. Mme Joly nous recommande entre autres d’éviter la surexposition aux informations et médias. « Il y a un juste de milieu et il est important d’obtenir la bonne information, mais rester brancher toute la journée peut générer un certain stress pour les adultes et les enfants ».

Il est important de stimuler l’intellectuel et le physique, d’alterner entre des jeux, de la lecture, de l’écriture et des activités qui stimulent le physique comme la corde à danser, la marche lorsque possible et de se détendre en intégrant des moments de silence ou de méditation. « Je recommande à mes clients de se faire un agenda qui ressemble à ce qu’on peut retrouver à l’habitude. Par exemple, la semaine en tant normale, on s’habille pour aller travailler donc même si on est en télétravail ou qu’on en profite pour faire notre ménage du printemps, on se douche on s’habille. Le pyjama, on garde ça pour le weekend. »

Vivre la crise à son rythme

L’être humain est sociable, mais a aussi besoin de moments de solitude donc il est important de respecter et de laisser place à la communication des besoins de chacun. « Il ne faut pas tenir pour acquis que chaque personne a les mêmes besoins. Il est important de discuter ouvertement de ce dont nous avons besoin même si nous sommes plusieurs dans la même maison et essayer de respecter mutuellement les besoins de chacun », ajoute Mme Joly.

Et n’oubliez pas qu’après coup, cet épisode de chamboulement représentera une petite partie de notre vie. « Il y aura une fin a tout ça et il est important de remettre ce qui se passe dans une plus grande perspective, voir même prendre un recul : sur 30-40-50 ans, cette crise aura été d’une courte durée ». « Ça va bien aller », conclut Karine Joly.

Si vous ou l’un de vos proches ressentez le besoin d’obtenir une aide psychologique, les ressources CLSC, Programmes d’aide aux employés ou privés sont accessibles ainsi que les lignes téléphoniques d’urgence, peuvent vous aider.

Rappelons que le premier ministre du Canada, M. Justin Trudeau, a annoncé que 7,5 M$ investis dans Jeunesse j'écoute, ce programme qui offre une écoute téléphonique aux jeunes.

Soulignons également que la ministre de la Santé et des Services sociaux, Mme Danielle McCann a indiqué en point de presse, ce lundi, que les frais de consultation en psychothérapie; consultations liées à l’anxiété causée par la COVID-19, seront remboursés par le Régime d’assurance maladie du Québec.

Publicité

Commentez cet article

Un ou plusieurs champs sont manquants ou invalides:





L'Écho de la Rive-Nord se réserve le droit de ne pas publier ou de retirer les propos diffamatoires, obscènes, ainsi que les commentaires discriminatoires, tout comme ceux incitant à la haine ou la violence. De plus, l'écriture phonétique et les messages écrits en lettres majuscules ne seront pas acceptés.

Vous souhaitez commenter cet article ? Faites-le de façon intelligente. Quoique certains internautes se croient à l’abri en publiant des commentaires et en nous donnant de faux courriels, il est très facile de les retracer. En cas de plainte pour diffamation ou menaces, L'Écho de la Rive-Nord collaborera avec les autorités en leur remettant les informations desdites personnes.