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Limiter le réchauffement climatique

Selon les experts, la COP26 permettra d'accélérer l'action climatique

durée 12h00
13 novembre 2021
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Par La Presse Canadienne

Les délégués rentrent peu à peu chez eux et les rues de Glasgow se vident de leurs manifestants. Selon les experts, c’est maintenant que commence le véritable travail, qui consiste à donner de la chair et de l’os aux promesses et aux engagements pris par les dirigeants mondiaux afin de maintenir le réchauffement de la planète en deçà des niveaux catastrophiques.

« Les deux prochaines années vont être la période de réduction des émissions de carbone la plus importante et la plus rapide de l’histoire du Canada », a mentionné Rick Smith, président de l’Institut canadien pour les choix climatiques.

La conférence sur le climat COP26 parrainée par l’ONU touchant à sa fin, le gouvernement fédéral doit concrétiser ses promesses. Les chefs d’entreprise veulent des détails sur tout, depuis la date d’entrée en vigueur de l’engagement à plafonner les émissions de combustibles fossiles jusqu’à la réglementation des rejets de méthane, en passant par les crédits d’impôt pour le stockage du carbone.

« En fin de compte, il s’agit de savoir comment traduire ces objectifs en politique au Canada », a déclaré John Dillon du Conseil canadien des affaires. 

M. Dillon s’attend à ce que la discussion sur le climat s’élargisse après Glasgow pour inclure des secteurs comme la construction, l’agriculture et même l’armée. 

« L’armée produit beaucoup d’émissions de GES ».

La rapidité avec laquelle ces promesses seront mises en œuvre et l’ampleur de leurs effets seront des points de débat passionnés.

« Il faut du temps pour adopter de nouvelles technologies », a indiqué Jack Mintz, membre du président de l’École de politique publique de l’Université de Calgary. 

« La grande question pour le Canada est de savoir à quelle vitesse on peut réduire les investissements dans les combustibles fossiles afin d’encourager les investissements dans les énergies renouvelables, sans créer beaucoup de dommages et de coûts. Je ne pense pas que nous ayons une réponse très satisfaisante ».

Les différents pays devront se mettre d’accord sur les approches qu’ils adopteront, a ajouté M. Mintz. L’Allemagne, par exemple, n’est pas très favorable aux carburants à base d’hydrogène fabriqués à partir de gaz naturel, alors que les producteurs canadiens le sont. 

« Mais ne vous y trompez pas, des mesures seront prises », a ajouté Mark Jaccard, économiste de l’énergie à l’Université Simon Fraser. Selon lui, les récentes élections fédérales, au cours desquelles une solide majorité de Canadiens ont voté pour des partis ayant des politiques climatiques fortes, ont donné aux libéraux fédéraux un mandat vigoureux pour agir.

«C’est le moment idéal pour aller vite », a−t−il ajouté. 

« Je sais qu’il va y avoir d’énormes discussions au sein du gouvernement sur la façon dont vous faites réellement cela. (Mais) vous devriez voir des choses assez rapidement ici ».

Shane Moffatt de Greenpeace a convenu que les libéraux fédéraux ont le feu vert pour passer au vert − mais il a averti que les militants du climat devront continuer à travailler pour s’assurer que la politique réelle émerge.

« L’un des principaux résultats de cette COP est le sentiment d’attente et l’élan pour plus d’action maintenant», a−t−il ajouté. «Il y a beaucoup de soutien public, mais il est parfois difficile de faire le lien entre ce soutien public et de véritables changements de politique ».

Il note que les Canadiens soutiennent largement la conservation de la nature, mais que la création de nouvelles zones protégées demeure un travail lent. 

De même, de grandes questions internationales demeurent. Par exemple, une sorte de système commercial mondial de compensations de carbone permettant à un pays d’obtenir des crédits pour avoir aidé un autre pays à réduire ses émissions n’est pas allé beaucoup plus loin que la suggestion du premier ministre Justin Trudeau selon laquelle ce serait une bonne idée.

Selon M. Dillon, de nombreuses entreprises n’attendent pas les gouvernements et vont de l’avant de leur propre chef. Mais elles ne peuvent pas faire grand−chose par elles−mêmes.

« Certains des plus gros investissements nécessiteront plus de clarté de la part du gouvernement », a−t−il dit.

Tenez−vous prêts, a suggéré M. Smith.

« Glasgow débarque en plein milieu de cette période d’activité intense au Canada pour enfin mettre la pédale douce. Cela va accélérer ce qui se passait déjà. »

Bob Weber, La Presse Canadienne

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