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Palmarès de la Fondation Rivières

Les déversements d’eaux usées en baisse de 30% au Québec en 2021

Les déversements d’eaux usées en baisse de 30% au Québec en 2021
Photo: Jessy Pouliot/Réseau Néomédia
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Les municipalités québécoises déversent de moins en moins d’eaux usées dans les milieux naturels, selon un palmarès de la Fondation Rivières. Le Québec a enregistré 36 391 déversements en 2021, contre 52 794 l’année précédente.

Mais cette embellie pourrait être temporaire, prévient l’organisme environnemental qui a dévoilé son classement jeudi.

L’an dernier, un printemps sec conjugué à un été peu pluvieux explique la diminution d’environ 30 % observée par rapport à 2020, indique le directeur général de la Fondation, André Bélanger. Les déversements se produisant quand il y a des quantités d’eau trop importantes dans les réseaux d’égout.

«Par contre, on peut s’attendre qu’en 2022 les chiffres soient moins intéressants parce que le printemps a été très pluvieux - la fonte a été assez rapide - et l’été l’a été tout autant. Ça va avoir des impacts directs sur la capacité des réseaux de gérer cette eau-là», évoque M. Bélanger à La Presse Canadienne.

Il croit que le prochain portrait affichera un niveau similaire à celui de 2020, ce qui serait considéré comme «une très bonne nouvelle», alors que le nombre de déversements s’élevait au-dessus de 60 000 en 2019.

Le palmarès de la Fondation compare les performances de 700 municipalités du Québec en mesurant l’intensité des déversements par habitant. Cet indicateur est également en baisse globalement depuis cinq ans pour un nombre croissant de municipalités, ce qui démontre que la province est sur la bonne voie.

«Cela nous permet de conclure que les interventions des villes depuis les cinq dernières années, elles se sont produites aux endroits où c’était important», indique M. Bélanger.

L’indice d’intensité comprend la durée des déversements et la taille de l’ouvrage de surverse qui déborde (ex.: poste de pompage), mais ne calcule pas la quantité d’eaux usées. Ce sont principalement des municipalités de «petite taille» qui affichent les degrés d’intensité par habitant les plus élevés.

M. Bélanger précise toutefois qu’il vaut mieux comparer entre elles les municipalités d’une même catégorie de population puisque les grandes villes sont avantagées en matière d’infrastructures par rapport aux plus petites.

Parmi les grandes villes de 100 000 habitants et plus, c’est Trois-Rivières qui obtient le pire score, tandis que Montréal affiche le meilleur bilan.

Pour certaines municipalités, l’intensité par habitant n’a pu être mesurée en raison de l’absence d’enregistreurs électroniques permettant de comptabiliser le nombre et la durée des déversements. Le palmarès comptabilise toutefois le nombre de dérivations par municipalités. Il s’agit ici de stations d’épuration qui peuvent déverser des eaux usées partiellement traitées dans l’environnement.

Québec pointé du doigt
Pour son troisième palmarès, la Fondation présente l’évolution des performances des municipalités de 2017 à 2021. Elle a aussi offert l’occasion à plusieurs villes qui figurent en tête du classement de réagir à leur performance. Sur 35, huit ont répondu à l’invitation.

En publiant son rapport, la Fondation Rivières souhaite interpeller Québec pour qu’il accélère la transmission d’attestations d’assainissement auprès des municipalités. Cet outil réglementaire du ministère de l’Environnement identifie les problèmes à corriger et permet ainsi aux municipalités de décrocher rapidement une aide financière du gouvernement.

À ce jour, environ 160 municipalités sur 850 ont obtenu l’attestation, d’après la Fondation.

«On tourne les projecteurs du côté du provincial, parce que ce n’est pas au municipal que ça bloque. Il y a des ambitions au niveau municipal» malgré certaines contraintes, fait valoir M. Bélanger.

Il rappelle que les déversements d’eaux usées viennent avec une quantité de phosphore et d’E. coli pouvant entraîner des impacts sur la faune et la flore, et empêcher aussi la population de profiter des cours d’eau pour la baignade.

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Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne

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