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Le fédéral refuse plus d’étudiants étrangers au Québec

Le fédéral refuse plus d’étudiants étrangers au Québec
Photo: La Presse Canadienne
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De nombreux étudiants étrangers acceptés par une université québécoise sont refoulés par le fédéral qui doute que ces candidats retournent dans leur pays d’origine à la fin de leurs études. Ces décisions sont incohérentes avec les objectifs gouvernementaux, déplore l'Institut du Québec (IDQ).

«On voit que près de la moitié des candidats qui sont admis par des universités québécoises et qui respectent toutes les conditions du Québec se voient quand même refuser le permis d'études qui leur permettrait de séjourner au pays», constate la directrice générale de l'IDQ, Emna Braham.

Le taux de refus est particulièrement élevé pour les candidats africains et ceux-ci sont plus nombreux à postuler au Québec. Le fédéral a refusé près de 72 % des candidats africains acceptés dans une université québécoise en 2022.  

Le groupe de réflexion a demandé à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) quelles étaient les raisons de ces refus. La faible probabilité de retour dans le pays d’origine était la principale raison évoquée. 

Ces motifs sont incohérents avec la stratégie du fédéral et du Québec, déplore Mme Braham. «C’est un critère qui n'a plus sa raison d'être, tout simplement alors que le gouvernement du Québec comme celui du Canada investissent dans des offensives de promotion pour retenir les étudiants étrangers, notamment dans les régions

En effet, les étudiants étrangers sont perçus comme des candidats de choix à l’immigration, car ils ont déjà une expérience canadienne. «Ils ont vécu au Québec, ils ont commencé à créer un réseau, ils ont une formation qui répond aux exigences des employeurs québécois.»

Près de la moitié (44 %) travaillent également durant leurs études, une contribution économique à ne pas négliger dans un contexte de rareté de la main-d’œuvre, souligne le rapport. 

Les gouvernements auraient intérêt à clarifier leurs objectifs par rapport à l’éducation internationale. «Il y a vraiment un besoin de clarifier les objectifs et de mettre en place des procédures qui vont s'assurer que la main droite parle à la main gauche.»

L’IDQ invite aussi le milieu universitaire à mieux communiquer ses cibles en matière d’attraction des étudiants étrangers. «Ça permettrait de mieux planifier la délivrance des permis, autant au niveau du gouvernement fédéral que des certificats d'acceptation au niveau du gouvernement du Québec», ajoute l’économiste de l’IDQ, Daye Diallo.

L’attrait de Montréal et de l’anglais

Montréal continue d’attirer la grande majorité des étudiants étrangers. Seulement un étudiant sur quatre va choisir de s’établir à l’extérieur de la métropole. 

Le réseau collégial et universitaire anglophone conserve aussi son pouvoir d’attraction en recrutant 55 % des étudiants collégiaux et 43 % des étudiants universitaires en 2019.  

Mme Braham s’oppose toutefois à l’idée d’établir des quotas pour favoriser l’inscription au réseau francophone. «On veut attirer des étudiants étrangers parce que ce sont les meilleurs candidats au monde, qu'on les veut dans nos universités, dans nos collèges et une grande partie d'entre eux vont retourner dans leur pays par la suite. Ils ne vont pas avoir un impact ni sur l'immigration ni sur la démographie québécoise

Québec aura le loisir de choisir les candidats qui correspondent le plus à ses objectifs d’immigration par la suite. «Donc une immigration qui va être francophone, qui va être alignée avec les besoins du marché du travail, etc. On ne fait pas ça en plafonnant le nombre d’étudiants étrangers anglophones.»

Stéphane Rolland, La Presse Canadienne

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