Action travail des femmes (ATF)
Les immigrantes plus affectées par la non-reconnaissance de leurs diplômes au Québec
Les femmes immigrantes se trouvent davantage poussées à occuper un emploi en dessous de leur niveau de scolarité que le reste de la population active au Québec, les amenant souvent dans des milieux de travail plus précaires, selon un organisme féministe.
La grande responsable de ce qui est appelée la «déqualification» est la non-reconnaissance des diplômes étrangers, pointe l'Action travail des femmes (ATF).
L'organisme a présenté mardi matin les conclusions du projet «Contrer les effets systémiques de la non-reconnaissance des diplômes étrangers sur les femmes immigrantes», qui a débuté en 2021.
Le taux de déqualification chez les immigrantes s'élevait à environ 45 % en 2019, contre un peu moins du tiers en moyenne pour l'ensemble de la population, selon des données du ministère québécois de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration. Pour l'ensemble des immigrants, ce taux atteignait 44,2 %.
«La déqualification, c'est occuper un emploi nécessitant des qualifications moindres que celles qu'on possède. Donc, être diplômée d'un certain niveau, puis occuper un emploi qui aurait nécessité moins de formation», a expliqué Michelle F. Hangnilo, la coordonnatrice des projets au Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec (RAFIQ), qui a aussi collaboré au projet.
En conséquence, ces personnes sont confrontées à un salaire inférieur et un appauvrissement, a-t-elle résumé lors de l'événement bilan à Montréal.
Mme Hangnilo venait de brosser le portait des femmes immigrantes au Québec autour de six grands constats concernant entre autres la langue, l'éducation et le revenu.
Les instigateurs du projet proposent plusieurs recommandations visant les universités et une amélioration de la Politique gouvernementale d’éducation des adultes et de formation continue.
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne
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