Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal

Un essai clinique tentera de modifier le microbiote pour combattre le mélanome avancé

Un essai clinique tentera de modifier le microbiote pour combattre le mélanome avancé
Photo: La Presse Canadienne, 2024
durée

Deux chercheurs du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal dirigeront au cours des prochains mois un essai clinique randomisé qui utilisera la transplantation de microbiote fécal pour améliorer l’efficacité des traitements du mélanome avancé, a-t-on annoncé mercredi.

Des recherches antérieures ont démontré que la greffe fécale ― à savoir, l’utilisation de capsules de selles de donneurs sains ― est sécuritaire et efficace pour influencer le microbiote intestinal d’un patient et rendre plus efficace l'immunothérapie utilisée pour attaquer la maladie.

«On sait qu'on est capables d'augmenter l'efficacité de l'immunothérapie par la greffe fécale, a dit un des co-investigateurs principaux de cette étude, le docteur Bertrand Routy. Ce qu'on ne comprend pas encore, c'est comment ça fonctionne et (...) la compatibilité entre les bactéries.»

Éventuellement, a ajouté l'investigatrice principale de l'étude, la docteure Arielle Elkrief, on espère qu'une analyse du microbiote intestinal des patients fera partie courante des soins prodigués aux patients, de la même manière qu'on séquence actuellement leur tumeur afin de leur offrir le meilleur traitement possible.

«Maintenant il faut aussi séquencer les selles, a-t-elle dit. Comme ça, on va avoir la réponse dès le début, on va savoir si on va être capable de prédire la réponse à l'immunothérapie selon la présence des bonnes bactéries ou de mauvaises bactéries.»

Au total, ce sont douze chercheurs et près de 130  patients atteints de mélanome avancé, et provenant de partout au pays, qui participeront à cette étude.

Ces patients sont habituellement traités par ce qu'on appelle une «immunothérapie par inhibition des points de contrôle immunitaires». Même si cette approche joue un rôle important, plus de la moitié des patients verront leur maladie évoluer et en mourront.

La moitié des patients atteints d'un cancer recevront une forme ou un autre d'immunothérapie, mais entre 40 % et 60 % d'entre eux n'y répondront pas, a dit la docteure Elkrief. Cela pourrait notamment être dû à la présence, ou à l'absence, de certaines bactéries dans leur intestin.

Les chercheurs disposent déjà d'une liste des bonnes et des mauvaises bactéries, a dit le docteur Routy. Mais il est difficile en clinique, a-t-il confié, de comprendre le ratio requis de bonnes et de mauvaises bactéries.

«La deuxième limitation c'est d'avoir les résultats très rapidement parce que les techniques de séquençage actuel, ça prend de six à neuf mois pour avoir les résultats», a-t-il indiqué.

Heureusement, de nouvelles techniques qui devraient permettre de raccourcir considérablement ces délais sont en voie de développement. Il sera alors possible d'ajuster le microbiote intestinal du patient afin de maximiser l'efficacité de l'immunothérapie.

Si les résultats de cet essai clinique de phase II sont probants, on devrait ensuite procéder à un essai de phase III dans l'espoir que la greffe fécale associée à l’immunothérapie devienne éventuellement la nouvelle norme de soins face à un mélanome avancé.

«Ça pourrait changer la prise en charge des patients, a dit la docteure Elkrief. Et les connaissances que nous allons acquérir pourraient s'appliquer à d'autres cancers, comme le poumon ou le rein.»

Cet essai clinique sera financé à hauteur de 3,7 millions $ par la Société canadienne du cancer, la Fondation de la famille Weston et les Instituts de recherche en santé du Canada. Il sera supervisé par le Groupe canadien des essais sur le cancer.

On estime que 11 300  Canadiens recevront un diagnostic de mélanome en 2024.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Hydro-Québec affiche un bénéfice net en baisse pour son premier trimestre
Publié à 12h00

Hydro-Québec affiche un bénéfice net en baisse pour son premier trimestre

Hydro-Québec rapporte un bénéfice net de 1,850 milliard $ au premier trimestre de l'année, en baisse de 206 millions $ par rapport à la même période en 2025. Les ventes d'électricité ont été en hausse de 275 millions $ au Québec pour les trois premiers mois de 2026, essentiellement en raison des températures plus froides cet hiver. Cet ...

La caféine interfère avec le sommeil plus qu'on ne le réalise, dit une étude
Publié à 9h00

La caféine interfère avec le sommeil plus qu'on ne le réalise, dit une étude

Un café pris en début de journée pourra, dans certains cas, interférer avec la qualité du sommeil 12 ou 15 heures plus tard, prévient une revue systématique réalisée par des chercheurs polonais. L'impact de la caféine sur un individu dépendra de plusieurs facteurs, mais même les gens qui prétendent très bien dormir après avoir avalé ...

Le taux de chômage a reculé pour s'établir à 6,6 % en mai au Canada
Publié hier à 16h00

Le taux de chômage a reculé pour s'établir à 6,6 % en mai au Canada

L'économie canadienne a créé de manière inattendue 88 000 emplois en mai, selon Statistique Canada, ce qui a permis de compenser en partie les baisses enregistrées depuis le début de l'année sur le marché du travail. Cette hausse de l'emploi a fait en sorte que le taux de chômage a reculé à 6,6 % à l'échelle nationale, alors qu'il ...