Les agriculteurs paieront plus cher pour acquérir de nouvelles terres
Corn field
Les agriculteurs de la région qui souhaitent présentement acquérir des terres ne le feront pas sans casser leur cochon. La valeur des terres agricoles transigées dans les Laurentides a fait un bond de près de 70 % de 2008 à 2009, selon ce que rapporte le bilan 2010 de la Financière agricole du Québec.
En effet, alors que la valeur de vente inférieure et supérieure d'un hectare était respectivement de 4 988 $ et de 8 108 $ en 2008, ces prix sont passés à 7 143 $ et 12 011 $ en 2009. Pour l'ensemble du Québec, la tendance à la hausse de la valeur moyenne des terres transigées depuis quelques années s'est poursuivie en 2009, mais avec une moindre amplitude. La croissance se chiffrant seulement à 5, 9 %.
Raisons de l'augmentation
Selon Luc Degrâce, directeur régional de la Financière agricole du Québec, la hausse des transactions dans la région des Laurentides s'explique d'abord et avant tout par une rareté. «Nous faisons face à une quantité limitée de terres cultivables, ce qui se traduit nécessairement par une augmentation du coût de celles-ci, explique-t-il. La superficie du secteur agricole des Basses-Laurentides est pratiquement saturée, en raison notamment de la pression de l'urbanisation qui vient amputer une partie du territoire et, ainsi, accroître la rareté». Selon le dernier rapport de l'Institut de la statistique du Québec, seulement 9,5 % des 20 560 km2 du territoire de la région des Laurentides est zoné agricole.
M. Degrâce croit également que la dynamique est principalement due à la situation géographique de ces terres qui sont à proximité des grands centres et des marchés. «Le climat favorable que nous avons et la qualité de nos sols nous permettent aussi de produire une agriculture diversifiée», a-t-il précisé, mentionnant du coup que ces facteurs ont nécessairement entraîné une compétition qui s'est installée entre les cultivateurs au fil des ans.
Enfin, la baisse des taux d'intérêt ressentie depuis une vingtaine d'années fait aussi en sorte que l'acquisition des terres se fait plus facilement et que les gens peuvent investir davantage.
La production de maïs-grains en cause
Selon le rapport de la Financière agricole, l'augmentation de la valeur des transactions dans les régions des Laurentides, de la Montérégie et de Lanaudière reflète l'évolution constatée à l'égard des terres de culture.
Dans les autres régions du Québec, où la production de maïs-grains n'est pas aussi prépondérante, les valeurs des terres agricoles transigées sont généralement demeurées dans des fourchettes similaires, voire moindres. Dans les Laurentides, par exemple, la culture du maïs et du soya représente 15 % de l'utilisation des superficies agricoles, tandis qu'elle s'avère pratiquement nulle dans d'autres régions.
«En général, dans les régions où les terres sont transigées à des valeurs plus élevées, les superficies agricoles sont davantage utilisées pour la production de grains et d'oléagineux», peut-on constater dans le rapport. Le prix élevé de ces denrées, au cours des récentes années, aurait donc pu contribuer à la valorisation de ces terres.
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Les distilleries seront les plus touchées par l'interdiction sur l'alcool canadien
Les distilleries et les producteurs de spiritueux risquent d’être les plus durement touchés parmi les producteurs d’alcool canadiens, les États-Unis ayant proposé une interdiction générale des alcools canadiens à compter de la fin de ce mois. Craig Johnston, économiste en chef chez Financement agricole Canada, a indiqué que les ...
LIRE LA SUITE
Revoir le Code du bâtiment pour contrer les effets de la chaleur sur les travailleurs
Baisse de motivation, déshydratation, fatigue: les travailleurs québécois subissent les effets de la chaleur, montre un nouveau sondage. La Coalition québécoise pour un droit à la fraîcheur demande aux décideurs d'adopter une stratégie de refroidissement responsable. Dans cette stratégie, il serait notamment question d'adapter le Code du ...
LIRE LA SUITE
Droits de douane: un certain temps avant de voir les hausses de prix
Les droits de douane de rétorsion imposés par le Canada sur les produits américains sont désormais en vigueur, mais, selon des experts du commerce de détail, il faudra un certain temps avant que les consommateurs canadiens ne constatent une hausse des prix sur les tablettes des magasins. Matt Poirier, du Conseil canadien du commerce de détail, ...
LIRE LA SUITE