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Les agriculteurs paieront plus cher pour acquérir de nouvelles terres

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5 juillet 2010
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Par Josiane Yelle

Les agriculteurs de la région qui souhaitent présentement acquérir des terres ne le feront pas sans casser leur cochon. La valeur des terres agricoles transigées dans les Laurentides a fait un bond de près de 70 % de 2008 à 2009, selon ce que rapporte le bilan 2010 de la Financière agricole du Québec.

En effet, alors que la valeur de vente inférieure et supérieure d'un hectare était respectivement de 4 988 $ et de 8 108 $ en 2008, ces prix sont passés à 7 143 $ et 12 011 $ en 2009. Pour l'ensemble du Québec, la tendance à la hausse de la valeur moyenne des terres transigées depuis quelques années s'est poursuivie en 2009, mais avec une moindre amplitude. La croissance se chiffrant seulement à 5, 9 %.

Raisons de l'augmentation

Selon Luc Degrâce, directeur régional de la Financière agricole du Québec, la hausse des transactions dans la région des Laurentides s'explique d'abord et avant tout par une rareté. «Nous faisons face à une quantité limitée de terres cultivables, ce qui se traduit nécessairement par une augmentation du coût de celles-ci, explique-t-il. La superficie du secteur agricole des Basses-Laurentides est pratiquement saturée, en raison notamment de la pression de l'urbanisation qui vient amputer une partie du territoire et, ainsi, accroître la rareté». Selon le dernier rapport de l'Institut de la statistique du Québec, seulement 9,5 % des 20 560 km2 du territoire de la région des Laurentides est zoné agricole.

M. Degrâce croit également que la dynamique est principalement due à la situation géographique de ces terres qui sont à proximité des grands centres et des marchés. «Le climat favorable que nous avons et la qualité de nos sols nous permettent aussi de produire une agriculture diversifiée», a-t-il précisé, mentionnant du coup que ces facteurs ont nécessairement entraîné une compétition qui s'est installée entre les cultivateurs au fil des ans.

Enfin, la baisse des taux d'intérêt ressentie depuis une vingtaine d'années fait aussi en sorte que l'acquisition des terres se fait plus facilement et que les gens peuvent investir davantage.

La production de maïs-grains en cause

Selon le rapport de la Financière agricole, l'augmentation de la valeur des transactions dans les régions des Laurentides, de la Montérégie et de Lanaudière reflète l'évolution constatée à l'égard des terres de culture.

Dans les autres régions du Québec, où la production de maïs-grains n'est pas aussi prépondérante, les valeurs des terres agricoles transigées sont généralement demeurées dans des fourchettes similaires, voire moindres. Dans les Laurentides, par exemple, la culture du maïs et du soya représente 15 % de l'utilisation des superficies agricoles, tandis qu'elle s'avère pratiquement nulle dans d'autres régions.

«En général, dans les régions où les terres sont transigées à des valeurs plus élevées, les superficies agricoles sont davantage utilisées pour la production de grains et d'oléagineux», peut-on constater dans le rapport. Le prix élevé de ces denrées, au cours des récentes années, aurait donc pu contribuer à la valorisation de ces terres.

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