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Fenêtre sur le marché immobilier

Au premier trimestre, les acheteurs fébriles accentuent la pression sur le marché avant la hausse des taux d’intérêt

durée 16h00
11 avril 2022
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par Mickael Couillerot, Journaliste

L’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) vient de publier les plus récentes statistiques du marché immobilier résidentiel de la province de Québec, établies d’après la base de données provinciale Centris des courtiers immobiliers.

L’activité dans le marché immobilier de la province a continué de ralentir au premier trimestre de 2022, avec un nombre de ventes résidentielles s’établissant à 25 845, soit une diminution de 17 % comparée à la même période en 2021. Bien que ce ralentissement soit notable lorsque comparé à l’activité transactionnelle exceptionnelle des deux dernières années, il demeure plus élevé que la moyenne historique des premiers trimestres avant le choc de la pandémie, qui se situait plus près de 20 000 transactions.

« Les acheteurs ont encore été très actifs sur le marché au premier trimestre de 2022, anticipant la hausse des taux d’intérêt et magasinant “tous azimuts”, avec une préapprobation bancaire et un taux hypothécaire réservé en poche », remarque Charles Brant, directeur du Service de l’analyse du marché.

« Ce regain de demandes a contribué à faire chuter davantage les inscriptions en vigueur. Il en résulte une baisse généralisée et tendancielle du niveau de transactions et un regain de pression élevée sur les prix. Précisons que de nombreux acheteurs n’ont pas pu conclure de transaction malgré leurs efforts, faute d’un nombre suffisant de propriétés sur le marché à des prix encore accessibles. », ajoute-t-il. « Alors que le niveau des prix est quelque peu biaisé par une plus forte proportion de propriétés transigées dans les gammes de prix élevés, en comparaison à l’année dernière, la hausse du prix des résidences à près de 21 % au 1er trimestre, pour l’ensemble du Québec, est difficilement soutenable, et ce, plus spécifiquement pour les régions du sud de la province. Les ménages et, surtout, les investisseurs seront bientôt confrontés aux vents contraires d’une hausse sensible des taux d’intérêt au cours des prochains mois, justifiée par un contexte inflationniste bien ancré qui gruge de plus en plus le pouvoir d’achat et la confiance des ménages ou encore le rendement des investisseurs. », conclut-il.

Ventes

— Par catégorie de propriétés, les tendances au repli ont été relativement comparables. Les unifamiliales ont connu le déclin le plus important (-18 %), suivi par les copropriétés (-16 %) et par les petits immeubles à revenus (-14 %).

— Toutes les régions métropolitaines ont connu un recul des ventes au premier trimestre de 2022. Le ralentissement a été plus important dans les RMR du sud de la province, telles que Sherbrooke (-22 %), Montréal (-16 %), et Gatineau (-15 %). À Québec (-13 %), Trois-Rivières (-11 %) et Saguenay (-6 %), les replis ont été plus modérés.

— Les régions localisées à l’extérieur des régions métropolitaines ont, elles aussi, connu une baisse des transactions, que l’on note plus importante qu’en 2021. Les ventes résidentielles, toutes catégories confondues, ont diminué de 20 % dans ces régions. Les transactions d’unifamiliales en baisse de 21 % ont représenté la majorité de cette diminution, mais les autres catégories résidentielles ont aussi connu des ralentissements (-16 % pour les copropriétés et -6 % pour les plex).

— Plus localement, certaines agglomérations ont vu une augmentation des ventes, mais de telles observations sont plutôt rares dans la province. Drummondville a connu la plus forte augmentation, avec un gain de 11 %. Rivière-du-Loup (1 %) a aussi vu ses transactions augmenter. L’agglomération de Rouyn-Noranda a suivi, avec une stabilisation du nombre de ses ventes. Les localités ayant vu leur activité transactionnelle diminuer ont été beaucoup plus nombreuses. Mont-Tremblant (-47 %), Rimouski (-38 %) et Sainte-Adèle (-38 %) se distinguent par des replis particulièrement importants pendant le trimestre.

Inscriptions en vigueur

— Le nombre d’inscriptions en vigueur s’est établi à 21 563 à l’échelle du Québec au premier trimestre de 2022, soit une diminution de 21 % comparée à la même période en 2021. Ce nombre d’inscriptions marquait un nouveau record à l’échelle provinciale et le douzième trimestre de repli consécutif des inscriptions. Outre la capitulation d’une frange de plus en plus importante d’acheteurs face au niveau des prix atteints, cette baisse en continu des inscriptions en vigueur contribue en grande partie au déclin des ventes, notamment pour les régions, secteurs et agglomérations où les conditions de marché sont les plus tendues, et ce, à l’avantage des vendeurs.

Prix

— À l’échelle du Québec, le prix médian des unifamiliales s’est établi à 415 444 $, soit un gain de 22 % comparé au premier trimestre de 2021. Ce prix représentait aussi une augmentation par rapport au quatrième trimestre de 2021, où le prix médian avait atteint 389 000 $.

— Tendance similaire dans les copropriétés, où le prix médian s’est établi à 365 000 $, une croissance de 20 % comparée à la même période l’an passé et un gain de 20 000 $ par rapport au quatrième trimestre de 2021.

— Les petits immeubles à revenus (deux à cinq logements) ont connu la progression la plus importante de leur prix médian par rapport au premier trimestre de 2021, atteignant 520 000 $, soit un gain de 25 %. Cette augmentation n’était toutefois pas aussi importante par rapport au trimestre précédent, où le prix médian avait atteint 511 005 $.

Conditions du marché et délais de vente

— Les conditions de marché demeurent extrêmement favorables aux vendeurs, avec un nombre de mois d’inventaire de propriétés résidentielles se stabilisant à un plancher historique à l’échelle provinciale.

— Les délais de vente se sont encore une fois établis à des niveaux plus faibles qu’à la même période l’an passé, avec une diminution du délai moyen de 20 jours pour les unifamiliales. Comme pour le nombre de mois d’inventaire, on observe une certaine stabilisation par rapport au quatrième trimestre de 2021.

Le délai de vente moyen des propriétés résidentielles au Québec avait atteint un plancher historique à 48 jours au deuxième trimestre de 2021, et demeure à un niveau similaire depuis, pour s’établir à 50 jours au premier trimestre de 2022, un niveau historique difficilement compressible.

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