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Les responsables de services de garde manifestent

Photo: Josiane Yelle
Photo: Josiane Yelle
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Après huit mois de négociations qui achoppent, les responsables de service de garde (RSG) en milieu familial étaient près de 300 à manifester leurs revendications, le 28 octobre dernier, au coin du boulevard Curé-Labelle et du Chemin Grande-Côte, à Rosemère.

« C'est inacceptable, en 2010, que des femmes soient encore coincées avec de telles conditions, a laissé entendre d'entrée de jeu Annie Messier, présidente de l'alliance des intervenantes en milieu familial (ADIM) pour la région de Laval, Laurentides et Lanaudière. Que ce soit au niveau salarial, par rapport aux conditions de travail ou aux prestations sociales, il n'y a rien qui se règle ».

Des travailleuses autonomes dans un cadre de salariées

La principale problématique provient du fait que ces femmes ont le statut de travailleuses autonomes, alors qu'elles doivent travailler à l'intérieur d'un cadre de travailleuses salariées, croit Annie Broekaert, vice-présidente de l'ADIM pour la région. Les RSG ont notamment des programmes éducatifs à suivre et des horaires stables à établir, mais elles n'ont pas droit à des congés fériés et des vacances payés. « Il y a même certaines RSG que ça fait au moins cinq ans qu'elles n'ont pas pris de vacances parce qu'elles n'ont tout simplement pas les moyens, indique à ce sujet Mme Messier.

C'est notamment le cas de Nathalie Lauzon, une RSG de Saint-Eustache. « Je suis monoparentale, alors dès que je prends des vacances, j'en ai pour deux ou trois ans à m'en remettre. » La situation de Joan Verville, de Saint-Eustache, n'est pas plus drôle. En août dernier, elle a dû subir opération chirurgicale majeure et n'a eu qu'une semaine sans enfants, alors que le médecin lui avait signé un billet pour huit semaines d'invalidité. « Il a donc fallu que je paie une personne de plus pour assurer le fonctionnement, indique-t-elle, découragée. Pour la même opération, ma belle-sœur a été arrêtée durant trois mois ».

Quand se comparer ne console pas

Si ces travailleuses comparent bien souvent leurs conditions à celles des éducatrices en centres de la petite enfance (CPE), c'est que la majeure partie de leur travail est semblable. « La différence est que nous avons beaucoup d'excédents de travail et que nous n'avons pas de répit », indique une autre RSG présente à la manifestation. Plusieurs femmes regroupées ensemble se mettent alors à parler de l'épicerie qu'elle doive faire en dehors de leurs heures de travail, des repas qu'elles doivent préparer le soir et surtout, du ménage qu'elles doivent effectuer en fin de journée, puisqu'un règlement ne leur permet pas d'utiliser des produits désinfectants en présence des enfants.

Ces femmes discutent aussi de la difficulté à se faire remplacer. « Elles [les remplaçantes] demandent de 15 à 18 $ de l'heure pour avoir un salaire décent moins les déductions, mais on ne fait même pas ce salaire-là. On se fait donc remplacer à notre détriment », précise l'une d'entre elles.

Chaque jour, les responsables de service de garde obtiennent 19 $ par enfant du gouvernement et 7 $ de chaque parent. « Lorsqu'on soustrait le montant des dépenses d'opérations de garderie, il n'en reste que très peu, affirme la Annie Messier. Ça tourne autour de 6 $ de l'heure ».

Une journée de grève sur la glace

« La réalité de nos RSG, c'est qu'elles sont épuisées et qu'elles manquent de ressources, conclut Geneviève Lacroix, trésorière de l'ADIM pour la région de Laval, Laurentides et Lanaudière. On espère seulement ne pas devoir débrayer le 10 novembre prochain, parce que les négociations iront bien ».

Dans la région des Basses-Laurentides, elles sont près de 550 RSG en milieu familial à travailler de Sainte-Anne-des-Plaines à Oka et contrairement à la croyance, ces femmes sont formées dans des institutions collégiales et universitaires à plus de 40 %.

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