Des projets résidentiels soulèvent des inquiétudes à Boisbriand
Quatre projets immobiliers à l’étude suscitent les craintes des citoyens de Boisbriand.
Des dizaines de citoyens ont envahi la salle du conseil municipal mardi soir dernier afin d’exprimer leurs inquiétudes à l’égard de nouvelles constructions. Celles-ci ont été défendues tant bien que mal pendant plus de trois heures par le conseiller municipal, Denis Hébert, et la mairesse de Boisbriand, Marlene Cordato.
Des résidents sont d’abord venus dire non aux 28 unités partagées en maisons de ville qu’un promoteur souhaite bâtir sur la rue Principale. Certains citoyens qui se sont exprimés craignent que le secteur perde son cachet et son homogénéité.
«Je crois que personne ici n’est intéressé à avoir des maisons de ville dans sa cour. Je préfère à la limite une maison unifamiliale, un environnement normal [...] Personne n’en veut, pourquoi vouloir s’obstiner à aller en référendum, on perd notre temps et de l’argent», a indiqué une intervenante sous les applaudissements nourris de la salle.
D’autres estiment que cet investissement de 8 M$ vienne engorger le secteur de la rue Principale.
Ensuite, 41 unités réparties dans des maisons de ville de deux ou trois étages pourraient aussi voir le jour sur le terrain vacant situé derrière la maison Abraham-Dubois. Cet investissement de 11 M$ devrait inclure la rénovation de la maison patrimoniale.
Deux projets d’envergure
Au 156 chemin de la Grande-Côte, le terrain situé à l’intersection de l’autoroute 15 pourrait quant à lui recevoir des tours de condominiums hautes de six étages. On parle pour l’instant de deux phases comprenant 71 unités au total.
Ce sont surtout les résidents de l’île Morris qui s’inquiètent des répercussions que pourrait avoir ce projet de 20 M$ sur leur qualité de vie.
Finalement, des citoyens de la Terrasse Filion ont déposé une pétition contre le scénario à l’étude qui changerait complètement le visage du 644 chemin de la Grande-Côte. D’une valeur de 56 M$, le projet comprend 175 unités en maison de ville et trois immeubles pour personnes âgées autonomes et non autonomes.
Densification du territoire et nouveaux revenus
Répondant aux craintes de voir des habitations multifamiliales être érigées dans différents secteurs de la ville, la mairesse Cordato a évoqué le contexte du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) qui impose aux municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal une densification du territoire.
Selon ce qui a été dit durant la séance, la ville de Boisbriand a présentement un taux d’environ 20 logements à l’hectare, ce qui est sept de moins que la norme demandée dans le PMAD.
«Si nous n’atteignons pas nos obligations avec ces projets, cela va vouloir dire que les prochains ne seront plus des maisons de ville, mais bien des tours d’habitation», a-t-elle indiqué.
Le type d’habitations proposées aiderait également à rehausser la démographie stagnante de la ville, a ajouté Marlene Cordato.
De surcroît, le développement de nouveaux secteurs contribue à créer de nouveaux revenus pour la ville, ce qui permet d’éviter d’aller en chercher davantage dans les poches des contribuables, a renchéri le conseiller Hébert.
Les quatre investissements immobiliers sont sujets à des approbations référendaires. La mairesse a toutefois précisé que les terrains du 331 et du 644 chemin de la Grande-Côte, de même que celui sur la rue Principale, pourraient être développés dès maintenant puisqu’ils ont le zonage requis pour accueillir de «l’unifamiliale».