Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Étude publiée dans la revue Nature 

L'océan Arctique pourrait être exempt de glace l'été aussi tôt qu'en 2030

durée 18h00
6 juin 2023
ici

commentaires

ici

likes

 

vues

imprimante
email
Par La Presse Canadienne

Si l'on en croit de nouvelles données, le moment où l'océan Arctique sera exempt de glace estivale arrivera beaucoup plus tôt que prévu.

Un article publié mardi dans la revue Nature a conclu que ces eaux nordiques pourraient être ouvertes pendant des mois dès 2030, même si l'humanité parvient à réduire considérablement ses émissions de gaz à effet de serre.

Le moment arrivera environ une décennie plus tôt que ce qui était d'abord anticipé, a indiqué le scientifique d'Environnement et Changement climatique Canada et l'un des co-auteurs de l'étude, Nathan Gillett.

M. Gillett et ses collègues avaient remarqué des différences croissantes entre ce que les modèles climatiques prédisaient sur la glace de mer et ce qui se passait réellement.

«Les modèles, en moyenne, sous-estiment le déclin de la glace de mer par rapport aux observations», a soutenu M. Gillett. 

Ils voulaient savoir dans quelle mesure ils devraient ajuster le modèle pour l'adapter aux données – et ce que ces ajustements pourraient révéler s'ils étaient projetés dans le futur.

Pour ce faire, les scientifiques ont d'abord décrypté l'effet des gaz à effet de serre (GES) d'autres facteurs qui affectent la perte de glace de mer, tels que les produits chimiques artificiels des aérosols ou des événements naturels tels que les éruptions volcaniques. L'impact des aérosols s'est avéré négligeable et l'étude a conclu que les événements naturels ne contribuaient pas à plus de 10 % de la perte de glace de mer.

Les gaz à effet de serre étant isolés comme le principal coupable, ils ont ensuite examiné comment ces émissions étaient utilisées dans leur modèle climatique. En «amplifiant» l'effet des gaz à effet de serre, les chercheurs ont obtenu une bien meilleure correspondance avec les images satellites de la couverture de glace.

«Extrêmement probable»
Cette évaluation plus précise de l'influence des GES s'est avérée être accompagnée d'un avertissement.

Des estimations précédentes avaient suggéré que la banquise estivale arctique ne disparaîtrait pas avant les années 2040 au plus tôt. Si l'humanité réussissait à réduire ses émissions, la glace de mer toute l'année pourrait même survivre.

Mais une fois le modèle aligné sur ce qui se passait sur l'eau, les prévisions de disparition des glaces estivales se sont beaucoup rapprochées.

«La fourchette est alors de 2030 à 2050, a précisé M. Gillett. Et même dans le scénario d'émission le plus bas, avec la mise à l'échelle, l'Arctique est libre de glace

Rien n'est certain, prévient M. Gillett. Mais l'échéance approche.

«Je dirais que c'est extrêmement probable

Cela signifierait qu'à la fin de la saison de fonte en septembre, l'Arctique aurait moins d'un million de kilomètres carrés de glace de mer, même avec de faibles émissions. Si les émissions restent élevées, cette période sans glace pourrait durer des mois.

L'étendue moyenne des glaces en avril 2023 était de 14 millions de kilomètres carrés.

De plus, l'étude est la première à mesurer les tendances de la glace de mer pour chaque mois de l'année. Des études antérieures se sont concentrées sur les mois d'été.

En comparant l'étendue de la glace d'une année sur l'autre – de février 2019 à février 2018, par exemple – les données montrent la perte de glace due au changement climatique chaque mois de l'année.

La glace plus sensible au réchauffement
Pam Pearson de l'International Cryosphere Climate Initiative, un réseau d'experts en politiques et de chercheurs, a consulté l'étude de Nature et a déclaré qu'il s'agissait d'une preuve solide que les gaz à effet de serre modifient l'Arctique plus rapidement qu'on ne le pensait auparavant.

«Plus de glace est perdue, plus rapidement que ne le prédisent même les modèles les plus récents», a-t-elle écrit dans un courriel.

«Les observations d'aujourd'hui dépassent même les prévisions les plus élevées. Les réserves de glace mondiales sont tout simplement plus sensibles que nous ne le pensions à de légers changements dans le réchauffement.»

M. Gillett a indiqué qu'un océan Arctique sans glace accélérerait certainement le réchauffement des terres autour des eaux – se réchauffant déjà à trois fois la moyenne mondiale. L'écosystème fragile qui dépend de la banquise – qui abrite tout, des algues aux ours polaires – changerait complètement.

Et en ce qui concerne le climat, ce qui se passe dans l'Arctique peut ne pas rester dans l'Arctique.

«Les gens ont examiné les implications possibles du réchauffement de l'Arctique sur le climat aux latitudes plus basses, a affirmé M. Gillett. C'est encore un sujet de débat.»

Bob Weber, La Presse Canadienne

commentairesCommentaires

0

Pour partager votre opinion vous devez être connecté.

RECOMMANDÉS POUR VOUS


11 avril 2024

Il faut bâtir 1,3 M de logements d'ici 2030 pour répondre à la demande

Le directeur parlementaire du budget estime que le Canada devrait construire 1,3 million de logements supplémentaires d'ici 2030 pour répondre à la demande. Le rapport évalue combien de logements supplémentaires devraient être construits pour ramener le taux d'inoccupation du Canada à la «moyenne historique» de 6,9 % mesurée sur vingt ans, entre ...

11 avril 2024

Baisse de la proportion de Québécois qui consomment du cannabis

La proportion de Québécois âgés de 15 ans et plus ayant consommé du cannabis a diminué de 2022 à 2023, indiquent les données de l'Institut de la statistique du Québec dévoilées jeudi matin.  L'an dernier, près de 17 % de la population de 15 ans et plus avait consommé du cannabis dans les 12 derniers mois, alors que cette proportion était de 19 % ...

11 avril 2024

Les infirmières praticiennes spécialisées pourront prendre en charge des patients

Certaines infirmières praticiennes spécialisées en soins de première ligne pourront commencer dès la semaine prochaine à prendre en charge les personnes qui s'inscrivent au guichet d'accès à un médecin de famille. C'est ce qu'a annoncé jeudi le ministre de la Santé, Christian Dubé, qui a présenté ce changement comme une façon d'offrir aux ...