Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Avertissement de la CRE des Laurentides

Un nouvel herbicide contre myriophylle à épis pourrait être néfaste

durée 11h00
14 juillet 2025
ici

commentaires

ici

likes

imprimante
Par Salle des nouvelles

Le CRE Laurentides tient à mettre en garde les riverains, les citoyens, les municipalités et les entreprises touchés de près ou de loin par le myriophylle à épis. Un nouvel herbicide utilisé dans la lutte contre celui-ci a récemment été homologué au Canada. La matière active de cet herbicide est le florpyrauxifène-benzyle et il pourrait avoir un impact sur les écosystèmes aquatiques.

À ce jour, il y a peu d’études sur ses effets, mais voici l’information disponible selon la littérature actuelle. Selon certaines études, l’herbicide aurait un effet minimal sur les plantes indigènes. Cependant, ces conclusions sont faites à partir d’études effectuées en laboratoire seulement (Nertherland et Richardson, 2016, Richardson et al., 2016, Beets et Nertherland, 2018, Beets et al., 2019).

Pourtant, selon une étude effectuée dans un petit lac du Minnesota, une réduction significative du Stuckenia pectinata (une espèce de potamot indigène) aurait été observée à la suite du traitement (Cattoor et al., 2022). Selon cette même étude, la brasénie de Shreber (Brasenia schreberi) a subi des effets reliés à l’herbicide. De plus, il est même indiqué sur l’étiquette du produit que cette espèce indigène est très sensible au florpyrauxifen-benzyl. Les espèces indigènes suivantes : le faux nymphéa à feuilles cordées (Nymphoides cordata), la cornifle nageante (Ceratophyllum demersum) et une espèce de myriophylle (Myriophyllum heterophyllum) sont aussi cités dans la liste des espèces sensibles à l’herbicide.

L’efficacité reste à prouver

En plus d’avoir des effets sur les espèces indigènes, l’efficacité de l’herbicide sur le myriophylle à épis est incertaine. En effet, même si l’herbicide a permis de réduire rapidement le couvert du myriophylle à épis dans le petit lac du Minnesota, les herbiers ont augmenté de nouveau en superficie l’année suivante (Cattoor et al., 2022).

Attention, des autorisations sont nécessaires !

Il est aussi important de noter que ce nouvel herbicide est un produit à usage restreint qui doit être utilisé de manière autorisée : « L’utilisation de ces produits est réservée aux personnes qui détiennent un permis ou un certificat approprié de spécialiste de l’application de pesticides reconnu par l’organisme de réglementation des pesticides de la province ou du territoire où le pesticide sera appliqué. » (Gouvernement du Canada, 2023)

Ainsi pour la province de Québec l’application de l’herbicide doit être réalisée par une personne titulaire d’un certificat, soit le certificat de sous-catégorie CD2 « Certificat pour application en milieu aquatique ». L’entreprise qui est engagée pour réaliser les travaux doit quant à elle être titulaire d’un permis de sous- catégorie C2 « Certificat pour application en milieu aquatique ». Ces permis et certificats sont délivrés par la direction régionale concernée du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP). (Gouvernement du Québec, 2024a)

De plus, l’application de pesticides dans un milieu aquatique pourvu d’un exutoire superficiel nécessite l’obtention préalable d’une autorisation ministérielle (Loi sur la qualité de l’environnement). Les interventions dans un habitat faunique peuvent également nécessiter une autorisation ministérielle (Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune). (MELCCFP, 2024 et Gouvernement du Québec, 2024b)

Est-ce vraiment le bon choix ?

Aux États-Unis, plusieurs herbicides sont permis dans la lutte contre le myriophylle à épis. Cependant, plusieurs chercheurs ont démontré que ceux-ci ont un impact négatif sur les espèces indigènes, la transparence de l’eau et le charançon qui se nourrit du myriophylle à épis (Havel et al. 2017, Wagner et al. 2007 et Smith et Pullman, 1997). D’ailleurs, les résultats d’un traitement avec des herbicides peuvent être très variables et donc imprévisibles (Kujawa, 2017). Plusieurs éléments peuvent influencer leur effet à long terme tels le pH et la conductivité de l’eau (Frater et al., 2017).

Pour ces diverses raisons, l’utilisation d’herbicide n’est pas recommandée par les experts pour le contrôle du myriophylle à épis au Québec.

 

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié à 15h00

L'Association des médecins psychiatres réclame un ministre de la Santé mentale

Le portrait de la santé mentale est préoccupant au Québec, s'inquiète l'Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ). Elle a dévoilé mercredi matin la plateforme Santé mentale 2026 qui propose six mesures, dont la première est de nommer un ministre responsable de la santé mentale. À l'approche des élections, l'AMPQ invite les partis ...

Publié à 12h00

Les voyageurs canadiens comprennent souvent mal le rôle des ambassades

La plupart des voyageurs canadiens ne savent pas que les alertes aux voyageurs diffusées par Ottawa peuvent entraîner l'annulation de leur assurance voyage et ignorent comment les ambassades peuvent les aider lorsqu'ils se trouvent à l'étranger. C'est ce que révèle un rapport remis en mars à Affaires mondiales Canada, qui indique aussi que peu de ...

Publié à 9h00

L'ONU demande un élargissement de l'allaitement pour sauver des vies

Le développement de l'allaitement maternel permettrait d'éviter le décès de quelque 400 000 enfants et 140 000 mères chaque année, ont indiqué lundi l'Unicef et l'Organisation mondiale de la santé. Les deux agences onusiennes ont lancé cet appel dans le cadre de la Semaine mondiale de l'allaitement, qui se déroule jusqu'au 7 août. Les systèmes ...