Les adjoints ne pouvaient demander mieux
Jean-François Fortin et Alexandre Jacques pouvaient difficilement demander mieux au terme de leur première année derrière le banc de l’Armada.
Les deux entraîneurs-adjoints embauchés l’été dernier ont réalisé leurs premières armes dans la LHJMQ avec panache.
Si Fortin agissait à titre d’adjoint derrière le banc de la formation laurentienne à tous les matchs, Jacques prenaient quant à lui des notes depuis les hauteurs du Centre d’excellence Sports Rousseau.
Leurs bagages chez les professionnels leur ont permis de traverser marées et tempêtes malgré une saison surprenante et bien au-delà des attentes.
Les deux anciens joueurs de la LNH admettent qu’ils ont adoré cette première expérience chez les juniors. « C’était incroyable, a reconnu Jean-François Fortin qui a fait le saut des Vikings de Saint-Eustache, dans la Ligue Midget AAA, à la LHJMQ. C’est vrai que c’est plus facile d’arriver dans une équipe gagnante. Ça te donne toujours l’impression d’être meilleur. »
L’ancien défenseur des Capitals de Washington a donné une note de 8,5 sur 10 à cette campagne. « La note parfaite n’existe pas. J’enlève un point parce que j’ai un coté à améliorer. Je dirige comme si je jouais. J’appelle une action avant que le joueur le fasse. Je me suis amélioré sur son point mais je dois encore y travailler. »
Celui qui dirigeait les attaquants s’est dit surpris de la maturité des jeunes joueurs âgés de 16 à 20 ans avec qui il a entretenu d’excellentes relations tout au long de l’année. Il a dû notamment apprendre à gérer chacun d’eux d’une façon différente sans toutefois oublier l’élément collectif qui anime une équipe de hockey.
« Mon expérience et mon langage m’ont énormément aidé, a expliqué Fortin qui ne se gêne surtout pas pour exprimer le fond de sa pensée. J’ai un bon sens de l’humour. Je suis capable de faire passer mon message de cette façon. »
Développement des joueurs
Alexandre Jacques s’est affairé à développer les habiletés individuelles de chacun des joueurs de l’Armada. Une expérience qu’il a bien appréciée avec l’ambiance positive qui régnait au sein de l’équipe.
« Je suis surpris du niveau de jeu des joueurs. Leur condition physique, leur vitesse et leurs habiletés sont bien différentes par rapport au moment où j’étais chez les juniors, a observé celui qui évoluait au sein des Cataractes de Shawinigan et de l’Océanic de Rimouski dans les années 90. J’ai appris à connaître les joueurs et leur réussite me surprenait de moins en moins au fil de la saison. »
Choc des générations
Alors qu’ils évoluaient chez les professionnels, le groupe d’entraîneurs de l’Armada a vécu progressivement les changements de mentalité derrière le banc.La nouvelle génération de joueurs de hockey oblige les entraîneurs à faire preuve d’ouverture d’esprit. Ils ne doivent surtout pas rompre le canal de communication avec les jeunes.
Autrefois dans la Ligue nationale de hockey et dans la Ligue américaine (LAH), Jean-François Fortin connaît bien la nouvelle mentalité à laquelle les instructeurs sont confrontés tous les jours. Crier et faire peur aux joueurs a cédé le pas à la communication, à la compréhension et à l’enseignement.
« Je l’appelle la génération right now. Elle peut avoir réponse à tout en moins de cinq secondes avec toutes les informations qui circulent. Les joueurs veulent une réponse immédiate. Il faut leur parler sur le fait et ne surtout pas laisser planer le doute», a mentionné Jean-François Fortin.
Selon lui, les dirigeants d’aujourd’hui font preuve d’humanisme envers les joueurs. Autrefois, ils étaient beaucoup plus rapides sur les critiques que sur les félicitations. « À part envers les quelques superstars dans l’équipe, les coachs étaient presque invivables et inhumains. Il fallait trouver les raisons seul. Si tu ne jouais pas, il fallait que tu débrouilles pour savoir pourquoi et comment revenir dans l’alignement. C’était difficile pour la confiance. »
C’est justement ce que le groupe d’entraîneurs de l’Armada ne veut pas faire vivre à ses protégés. « L’athlète doit avoir confiance pour atteindre son plein potentiel. Chaque jour dans notre bureau, on se rappelle de ne pas répéter ce que nous avons vécu en tant que joueurs. L’être humain a évolué», a ajouté Fortin en relatant quelques récits vécus dans sa carrière sur la patinoire.
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