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5 décembre 2020 - 13:00

Entrevue vidéo avec Hubert Sacy d'Éduc'alcool

Consommation d'alcool: une situation stable au 8e mois de la pandémie

Sylvio Morin

Par Sylvio Morin, Chef des nouvelles

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Le portrait de la consommation d’alcool des Québécois  n’a pas beaucoup changé après huit mois de pandémie de la COVID-19, selon une troisième enquête menée par CROP, entre les 19 et 24 novembre, pour le compte d’Éduc’alcool.

Au total, au cours du mois de  novembre, huit Québécois sur 10 n’ont pas augmenté (67 %) ou ont diminué (13 %) leur  consommation d’alcool, alors que deux sur 10 l’ont un peu (17 %) ou beaucoup (3 %) augmentée, a indiqué le directeur général de l'organisme, Hubert Sacy, lors d'une entrevue vidéo accordée au réseau Néomédia, pour décortiquer les résultats de cette recherche ponctuelle.

Les épisodes de consommation excessive ont peu bougé en novembre comparativement à mai  dernier, les deux tiers des Québécois n’ayant pas une seule fois dépassé les limites  recommandées et 13 % les ayant dépassées une fois au cours du dernier mois.

Une bonne  nouvelle s’ajoute toutefois au portrait : alors qu’en avril et en mai dernier, près de 3 Québécois  sur dix qui avaient augmenté leur consommation l’avaient fait pour réduire leur anxiété et leur  stress, ils ne sont plus que 17 % dans ce cas ; c’est une nette diminution. 

L’enquête révèle également que bien que plus de deux Québécois sur trois n’aient jamais  dépassé les limites de consommation recommandées en novembre, 22 % d’entre eux ont  franchi ce niveau au moins deux fois au cours du mois. Ils étaient 23 % dans ce cas en mai  dernier. 

« C’est cet indicateur qui est le plus déterminant, car l’augmentation et la diminution de la  consommation en soi, ne donnent pas le portrait complet de la situation. En effet, si une  personne qui buvait deux verres par semaine doublait sa consommation, cela ne poserait pas  vraiment de problème puisqu’elle respecterait toujours les limites recommandées. Toutefois, quelqu’un qui dépassait déjà les limites demeure un consommateur excessif, même s’il n’a  pas augmenté sa consommation. Or la situation s’est stabilisée à ce chapitre, contrairement  à ce que nous craignions », de préciser  Hubert Sacy.  

Des données toutes fraîches
Pour ce qui concerne la diminution ou l’augmentation de la consommation, le sondage fait ressortir que ce sont les Montréalais, les jeunes de 18 à 34 ans, les plus fortunés, ceux qui  ont subi un changement de situation d’emploi et ceux qui sont davantage affectés  psychologiquement qui sont plus nombreux à avoir augmenté leur consommation d’alcool.  

Les trois principales raisons de l’augmentation de la consommation d’alcool qu’ils ont données  sont les mêmes que lors des enquêtes précédentes : d’abord, chasser l’ennui ou chercher à  s’occuper (27 %), le fait d’avoir davantage de temps pour consommer (26 %) et, loin derrière,  réduire le stress et l’anxiété (en baisse significative de 28 à 17 %). 

Les Québécois qui ont réduit leur consommation d’alcool expliquent quant à eux ce  changement par le fait qu’ils boivent généralement dans les bars et les restaurants ou parce  qu’ils sont des buveurs sociaux qui ne consomment qu’en compagnie de parents ou d’amis (quatre sur dix). Ceux qui ont réduit leur consommation pour des raisons de santé ont doublé  depuis le printemps, passant de 10 à 19 %. On observe aussi, entre mai et novembre, une  augmentation de 12 à 18 % de ceux qui considèrent que l’alcool n’est pas nécessaire, un  retour au niveau d’avril dernier. 

« Il n’en demeure pas moins qu’il y a, en novembre, 7 % plus de Québécois (35 %) qu’en  mars, avant la pandémie (28 %) qui ont dépassé au moins une fois par mois les limites  recommandées. Sans être catastrophiques, ce ne sont vraiment pas de bonnes nouvelles  quand on sait que l’abus d’alcool affaiblit le système immunitaire. C’est la dernière chose que  l’on souhaite en temps de pandémie face à un virus aussi violent que la COVID-19. Les grands  consommateurs excessifs québécois, quoique très minoritaires, sont un sujet d’inquiétude,  car ce sont eux qui sont les plus à risque de voir leur consommation d’alcool nuire à leur santé  et qui seraient sujets à développer des dépendances », a souligné le directeur général d'Éduc'alcool. 

Par ailleurs, près d’un Québécois sur quatre (24 %) affirme consommer de l’alcool pour se  sentir mieux lorsqu’il est déprimé, triste ou stressé : 6 % souvent et 18 % à l’occasion. Ce  sont les buveurs qui consomment de l’alcool pour se sentir mieux qui sont les plus nombreux  à avoir consommé de façon excessive.  

Enfin, alors que la moitié des consommateurs avait participé à un apéro ou à un souper virtuel en mai, ils ne sont plus que 44 % en novembre. Les buveurs les plus scolarisés sont plus  nombreux à avoir bu lors d’apéros ou souper virtuel. 

« Après une phase de grands changements qui ont bouleversé nos modes de vie et influencé  nos comportements, une stabilité semble s’installer. Il importe donc plus que jamais de nous  réadapter à la réalité nouvelle, de mesurer notre consommation, d’intégrer de nouvelles  pratiques et, surtout, de mettre en application le slogan que plus de 95 % des Québécois  connaissent : la modération a bien meilleur goût », a conclu Hubert Sacy. 

Écoutez l'intégrale de l'entrevue vidéo avec Hubert Sacy d'Éduc'alcool.

 

 

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