Les amendements proposés par le gouvernement Marois pour bonifier la Charte de la langue française pourraient compromettre le statut bilingue d’une ville comme Rosemère.
C’est ce qu’il faut conclure à la lecture des changements proposés à la loi 101.
Essentiellement, le gouvernement se baserait sur le critère démographique pour supprimer le statut d’exception d’une municipalité. Une ville « bilingue » qui a aujourd’hui moins de 40 % d’anglophones de langue maternelle verrait son statut d’exception menacé. Dans ce cas, le bilinguisme de Rosemère, dont 12,8 % de ces citoyens ont aujourd’hui l’anglais comme langue maternelle, pourrait disparaitre.
Dans les faits, les droits d’afficher et de publier dans les deux langues pourraient lui être retirés.
Interrogée à ce sujet, Madeleine Leduc a dit ne pas comprendre la pertinence de cette disposition. « Que Rosemère soit bilingue ou pas, la cause du français sera-t-elle mieux servie ? », s’est-elle questionnée à haute voix, ajoutant qu’une nouvelle Charte de la langue française serait d’ouvrir une boîte de pandore.
L’ex-mairesse de Rosemère, Hélène Daneault, a quant à elle penché vers une application plus adéquate de la loi actuelle plutôt que de chercher à y apporter des modifications.
« Il y a énormément de laxisme dans l’application de la loi 101. Nous devrions nous assurer que celle en place soit mise en exécution correctement au lieu d’y apporter des modifications », a laissé tomber celle qui a été élue députée de la circonscription de Groulx le 4 septembre dernier sous la bannière de la Coalition avenir Québec.
Histoire
Un article de la nouvelle Charte fait cependant référence à des circonstances qui pourraient faire en sorte que certaines villes puissent conserver leur bilinguisme officiel malgré une démographie anglophone en déclin. Les dites circonstances se réfèrent à la présence historique d’une communauté d’expression anglaise ou à la participation significative des membres de celle-ci.
Madeleine Leduc ose espérer que le caractère historique dont bénéficie la communauté anglophone dans la municipalité puisse peser dans la balance. « Notre ville a été fondée par la communauté anglophone. Ce serait important que l’on tienne compte de cet aspect historique », a-t-elle souhaité.
C'est le 2 avril 1982 que l'Office québécois de la langue française a accordé à la Ville de Rosemère le statut de ville bilingue.