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Redevances sur l'eau : les réactions locales sont partagées

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20 décembre 2010
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Par Josiane Yelle

Alors que le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand, confirmait que les redevances sur l'eau seraient obligatoires dès janvier prochain, les réactions locales des différents groupes concernés sont partagées.

D'entrée de jeu, le directeur général de la Conférence régionale des élus des Laurentides, Roger Hotte, se demande si une telle loi va avoir un impact réel. « Le principe est excellent, mais je pense que c'est plus symbolique qu'autre chose. » C'est beaucoup d'eau pour peu de redevances, croit celui-ci.

M. Hotte indique toutefois que c'est au niveau de l'opinion publique que ça pourrait être porteur de conséquences. « On entend tellement toutes sortes de choses. Là, ça ne mettra pas les compagnies en faillite, mais au moins, il va y avoir un principe », ajoute-t-il.

Toute industrie utilisant 75 mètres cubes d'eau ou plus par jour, que cette eau soit puisée à la source ou par le réseau d'aqueduc, sera tarifiée.

Un taux de 70 $ par million de litres d'eau prélevés par les entreprises œuvrant dans les secteurs de l'eau embouteillée, de la fabrication de jus ou de boissons, ainsi que dans certains produits minéraux, agricoles ou chimiques sera appliqué. Et un autre taux, de 2,50 $ par million de litres, sera appliqué aux autres secteurs économiques, notamment celui des pâtes et papiers, de la métallurgie et de l'extraction minière.

Boréale et Naya

À l'instar de la réaction de l'industrie brassicole, la présidente de la compagnie Boréale située à Blainville, Laura Urpnowski, dénonce le fait que le règlement catégorise les industries sans égard à l'utilisation réelle de la ressource, soit les industries qui incorporent l'eau dans leur produit fini et celles qui utilisent la ressource sans l'incorporer.

« Ce qu'on déplore, c'est qu'on ait été mis dans le mauvais taux [celui de 70$]. Dans le cas de la bière, il y a une grosse partie de l'eau qui est utilisée pour toute sorte de raison, que ce soit pour rincer, mais aussi pour laver les bouteilles. Ce n'est pas la fin du monde comme coût, sauf que c'est appelé à augmenter et on veut juste que ce soit équitable. » Mme Urpnowski aurait souhaité que les deux taux puissent être appliqués à l'intérieur d'une même entreprise, dépendamment de l'utilisation faite.

Du côté de chez Naya à Mirabel, les dirigeants espèrent seulement que l'argent des redevances va être utilisé à bon escient. « On a toujours supporté cette redevance-là. La seule chose qu'on voulait, c'est qu'elle soit juste et équitable par rapport à chaque industrie et c'est le cas. C'est donc un très bon pas dans la bonne direction », indique Mario Brochu, vice-président aux opérations.

Autre son de cloche

Du côté d'Éco-nature, un organisme visant à protéger et mettre en valeur la rivière des Mille Îles et ses affluents, le son de cloche est tout autre.

Le directeur général et biologiste, Robert Bisson, estime que le montant des redevances n'est peut-être pas assez élevé. « Je trouve que les compagnies ne paient pas leur juste part. Ce n'est pas beaucoup pour une compagnie qui fait des millions en puisant l'eau dans la nappe phréatique et qui, après ça, revend l'eau. »

M. Bisson croit qu'il faudrait peaufiner davantage la méthode de calcul, en instaurant une gradation.

« Les particuliers paient des taxes d'eau à leur municipalité. Si on regarde la proportion qu'un individu paie par rapport à une compagnie, ça n'a pas d'allure », conclut celui-ci.

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