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Les programmes d'externat en soins infirmiers amputés par les coupes en santé

durée 18h00
19 mai 2025
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Par La Presse Canadienne

Les programmes d'externat pour les étudiantes en soins infirmiers, qui permettent aux futures infirmières de pratiquer certaines activités, sont amputés par les compressions dans le réseau de la santé. La FIQ et l'OIIQ demandent au gouvernement Legault de donner une directive claire pour rétablir rapidement l'accès aux externats partout en province.

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui compte plus de 80 000 membres infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques, dénonce dans un communiqué diffusé lundi les coupes en santé qui touchent les stages offerts aux étudiantes en soins infirmiers dans le cadre des programmes d'externat.

En entrevue avec La Presse Canadienne vendredi dernier, le président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), Luc Mathieu, a décrit la situation.

«Les étudiantes qui font leurs formations collégiales — après deux ans, et celles qui font leur formation à l'université, après une année — elles peuvent nous demander, à l'Ordre, d'avoir le statut d'externe. Ça les autorise à exercer certaines activités des infirmières. Pas complètement, puisqu'elles sont en apprentissage, mais pendant les périodes d'été par exemple, et jusqu'à tout récemment même, pendant toute l'année. Elles peuvent donner un coup de main aux équipes de soins. Mais là, avec la coupure de 1,5 milliard $ que Santé Québec est en train de faire à la demande du gouvernement, il y a plusieurs établissements qui ont décidé de couper dans ces postes», explique M. Mathieu.

Il y voit une incohérence avec le souhait du gouvernement d'améliorer l'accès aux soins. «Ce n'est pas une bonne idée, commente-t-il. C'est une solution d'aujourd'hui pour générer les problèmes de demain.»

M. Mathieu est d'avis que cela représente un frein pour préparer les jeunes infirmières à entrer dans la profession. Il déplore que Santé Québec agisse dans «une logique budgétaire à court terme».

«On cherche des sous, et je comprends que le réseau est sous pression, mais là, ce n'est pas une bonne décision économique parce que d'investir dans les jeunes, dans la future relève, c'est un investissement, fait valoir le président de l'OIIQ. Parce qu'on les prépare mieux et on le sait par des témoignages qu'avoir le statut d'externe, ça contribue, c'est un facteur de rétention.»

La FIQ abonde dans le même sens en soulignant que cela nuit à la formation des infirmières, à leur intégration dans le réseau et à la rétention de personnel. La fédération soutient que la décision a déjà été appliquée par plusieurs CISSS et CIUSSS.

«C'est incompréhensible. On manque d'infirmières partout, et pourtant, on sabre dans un programme qui contribue directement à former et fidéliser la relève. Quel signal envoie-t-on à ces futures professionnelles, pendant que celles qui tiennent encore le réseau peinent à envisager un avenir stable et respecté ? Empêcher une étudiante de faire son externat, c'est nuire à sa formation, miner sa motivation et risquer de la décourager de rester dans le réseau. Et après, on s'étonne de ne pas réussir à recruter ni à retenir», dénonce par voie de communiqué Julie Bouchard, présidente de la FIQ.

Le contenu en santé de La Presse Canadienne obtient du financement grâce à un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est l’unique responsable des choix éditoriaux.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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